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Des lycéens «espionnent» les joueurs du CO sur les réseaux sociaux

l’essentiel
Une classe de 2de du lycée Notre-Dame a travaillé sur l’empreinte numérique que peuvent laisser les joueurs du CO. Babillot, Kockott et Jacquet ont été passés au crible des enquêteurs en herbe. L’occasion d’évoquer les dangers des réseaux sociaux.

Le nom du chien de sa petite copine. Les prénoms de se ses frères et sœurs et la profession de sa mère. Son parcours scolaire. Ses voyages. Et même ce qu’il a mangé lors d’un week-end en amoureux. « Tu ne nous connais pas mais nous, on te connaît », lâchent des lycéens à l’attention de Mathieu Babillot, le 3e ligne du Castres olympique après lui avoir donné toutes ces informations. « C’est incroyable, je ne m’attendais pas à ce qu’ils racontent tout ça », lâchent tout sourire le joueur quand même un peu surpris.
Sous la houlette de leur professeur de Français, Faustine Rebeyrol-Brimeur, les élèves d’une classe de seconde du lycée Notre-Dame ont joué les enquêteurs. Ils ont scanné les réseaux sociaux, scruté les traces laissées volontairement ou involontairement sur internet par trois joueurs du CO : Mathieu Babillot, Loïc Jacquet et Rory Kockott. Pour le rendu de leur travail, les élèves étaient, crise sanitaire oblige, en visioconférence avec les rugbymen dernièrement dans le cadre du « CO va à l’école », opération menée depuis plusieurs saisons au cours de laquelle des joueurs vont à la rencontre des écoliers, collégiens ou lycéens de Castres et ses environs.

Ce travail sur l’identité numérique permettait au professeur de sensibiliser ses élèves sur les conséquences et les dangers des traces que l’on peut laisser à travers des publications sur les réseaux sociaux. L’occasion d’échanges nourris et intéressants entre les joueurs et les lycéens. Plats et séries télé préférés, situation de famille, palmarès, c’est un peu près tout ce que les jeunes ont trouvé sur Loïc Jacquet. « Vous êtes de très bons enquêteurs, a lâché le 2e ligne de 36 ans. Mais toutes ces infos je veux bien les partager avec les autres. Mais j’en donne moins que Mathieu Babillot ! ». Question de génération ? Sans doute car la vie de Rory Kockott, le demi de mêlée de 34 ans, s’étale également un peu moins sur les réseaux que son coéquipier de 27 ans. « Je suis entre les deux. Je publie moins que Mathieu mais un peu plus que Loïc, confie le joueur sud-africain évoquant d’ailleurs davantage des publications émanant de son entourage que de son propre chef. Je voulais même arrêter les réseaux sociaux mais ma femme n’a pas voulu ! Mais il faut faire attention parce que quand on commence à poster des choses, il peut y avoir un emballement ». Leur statut de sportifs professionnels les contraints à avoir une vie publique. « Parler de nos vies notamment dans les médias cela fait partie de notre métier de personnage public mais c’est aussi pour cela que l’on fait attention à ce que l’on met sur les réseaux et à ce que l’on dit, renchérit Loïc Jacquet. Car cela peut nuit à notre carrière ».

Pas de téléphone pour la fille de Jacquet

Et le joueur de citer des exemples comme les anciens tweets racistes et xénophobes publiés entre 2010 et 2011 par l’Argentin du Stade français Pablo Matera alors qu’il avait 17 ans. « Il a dû s’excuser publiquement, continue le 2e ligne castrais. Il faut être vigilant. Tu crois que tu parles à des amis mais tout le monde peut le voir. ». D’ailleurs le joueur a avoué qu’il ne comptait pas donner de téléphone à sa fille de 11 ans avant un bon moment. « Beaucoup de ses copines en ont et vont sur Snapchat ou Tik Tok mais je considère que ma fille est trop jeune pour avoir un téléphone. C’est pour son bien, je veux la protéger, lâche le Castrais évoquant les risques de moquerie et de harcèlement. Il y a un côté obscur sur les réseaux sociaux. Des choses que l’on ne maîtrise pas. Le jour où je considérerai qu’elle est assez mature, je l’autoriserai mais je l’accompagnerai ». Et Rory Kockott de mettre aussi en garde les enfants : « C’est facile d’écrire des choses derrière son clavier mais avant d’écrire il faut vous demander si vous êtes capable de dire la même chose en face ». Pour Loïc Jacquet, « les ados communiquent beaucoup plus aujourd’hui mais se parlent de moins en moins ». « Il faut trouver un juste milieu, dit-il. On apprend beaucoup plus de choses à parler avec quelqu’un que de lire ses posts ».

Mathieu Babillot a, lui, évidemment une vision plus positive des réseaux sociaux. « C’est vrai que l’on peut savoir ce que je fais et avec qui, reconnait-il. J’aime bien faire des stories avec mes potes. Il y a du bon et du mauvais, c’est comme tout ».
Mais tous sont d’accord pour dire que le reflet de leur empreinte numérique n’est pas leur vrai visage. « Ce n’est pas ce que l’on est mais ce que l’on veut montrer aux autres », confie le demi-de-mêlée. « Ce n’est pas pour autant qu’on me connaît personnellement et intimement », affirme Mathieu Babillot.
 

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