À l’occasion de la sortie de son livre « Le rugby dans le sang » aux éditions Michel Lafon, Romain Ntamack explique pourquoi le rugby est si présent dans la famille et l’importance de cette dernière dans la construction et le déroulement actuel de sa carrière.
Qu’avez-vous voulu raconter dans votre livre?
J’ai voulu surtout rendre un hommage à ma famille, aux personnes qui ont été présentes tout au long de mon parcours jusqu’à aujourd’hui. Qui ont été toujours très bienveillantes, de bons conseils, toujours proches de moi ou de mon petit frère. C’est plus un hommage que j’avais envie de leur rendre. Raconter également le parcours de ma famille, pourquoi le rugby est si présent chez nous. J’ai trouvé que c’était bien et que si cela pouvait inspirer les plus jeunes ou même les moins jeunes, c’était plutôt bien.
On sait que votre père a joué un grand rôle dans votre construction rugbystique parce que vous avez beaucoup échangé après les matchs…
Oui, il a été évidemment de très bons conseils à chaque fois. Dans le livre, on parle de lui à travers les interviews mais dans le livre, j’ai essayé de faire la lumière sur les autres personnes dont on parle moins mais qui ont été tout aussi présentes que ce soit mes grands-parents ou ma mère qui donnait également de bons conseils au niveau rugbystique. C’était pour essayer de faire aussi la lumière sur les autres personnes de ma famille.
Justement votre mère, c’est la première personne que vous avez prévenue quand vous avez connu la gravité de votre blessure…
Oui, j’avais déjà essayé de la préparer un peu à mon forfait en essayant de lui dire avant le résultat de l’examen que je ne le sentais pas trop. Elle était toujours pleine d’espoirs et y croyait jusqu’au verdict. Donc je savais que mon forfait allait lui faire mal au cœur. Alors, je l’ai appelée pour lui annoncer la sentence mais que tout allait bien, que j’allais m’en remettre. j’ai essayé de la rassurer très vite.
Parce que vous saviez qu’elle en avait besoin…
Oui elle est très émotive et elle prend les choses très à cœur. Et je savais très bien que cela allait lui faire du mal de me voir sur la touche donc c’est pour ça que j’ai essayé de vite la rassurer. Et deux ou trois jours après, elle est venue avec moi passer quelques jours de vacances. Et cela lui a fait du bien aussi de voir que j’avais le moral et que j’allais m’en remettre.
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Pour en revenir à votre père, avez-vous des souvenirs de bord de touche?
Oui j’ai quelques souvenirs. Il m’emmenait dans les vestiaires, sur le bord du terrain. J’ai été un privilégié tout petit d’être dans les coulisses même si je ne m’en rendais pas compte car pour moi, tout me paraissait normal. Quand j’y repense, j’ai été effectivement chanceux.
Il y a cette photo où vous portez votre père sur les épaules après une Coupe d’Europe gagnée en 2021 qui fait écho à la photo où c’est lui qui vous portait après également une Coupe d’Europe remportée en 2005. C’est aussi symbolique de cette complicité?
Oui c’était à Ernest-Wallon quelques heures après le match et on me dit qu’on est le premier duo père fils à remporter la Coupe d’Europe. Du coup, ça m’a fait tilt et je lui dis, « attends on avait fait une photo quand j’étais petit, allez on refait la même et cette fois, c’est moi qui te porte. C’est vrai qu’elle était sympa. »
Dans la famille Ntamack, il y a aussi un frère qui a débuté en équipe première à son tour. Vous avez eu un rôle d’accompagnateur?
Oui et non car pour en être là où il en est aujourd’hui, il se l’est gagné tout seul. Après, je l’ai aidé sur les questions qu’il se posait un peu comme comment s’intégrer dans une équipe professionnelle à 18 ans. Il avait quelques questions mais il s’est forgé tout seul et il continuera à s’améliorer sans problème sans moi. S’il a une question, je serai toujours là pour y répondre. Je lui donnerai quelques conseils si j’estime qu’il en a besoin mais j’essaie de ne pas être trop sur son dos. C’est donc un rôle d’accompagnateur comme j’ai pu en bénéficier avec mon père qui a toujours été dans l’accompagnement. J’essaie de faire la même chose avec lui.
