in

“L’absence de visibilité n’aide vraiment pas et la motivation s’étiole de semaine en semaine”

l’essentiel
Juniors élite. Rencontre avec l’entraîneur Benjamin Gélis.

L’aventure continue malgré tout pour les juniors de Carcassonne XIII qui sont toujours à l’arrêt forcé en matière de compétition mais qui gardent le droit de s’entraîner ! L’entraîneur Benjamin Gelis fait face lui aussi en s’adaptant au quotidien à une situation qui devient de plus en plus difficile à gérer humainement.

Benjamin, quelles sont vos premières impressions après ces deux semaines d’expérimentation ?

Les joueurs ont répondu à nos sollicitations en venant se greffer aux Cadets mais il faut bien avouer que nous leur demandons beaucoup d’efforts alors que nous n’avons toujours rien à leur proposer. Nous sommes conscients que la situation sanitaire est extrêmement compliquée à gérer mais nous n’avons aucune perspective à annoncer. On fait comme si mais on ne peut rien promettre. Notre crédibilité est affectée et cela met à mal le projet sportif dans son ensemble, dans l’immédiat, et encore plus pour demain.

Comment se sentent vos garçons physiquement ?

À la reprise et après quelques semaines de courses, les garçons avaient retrouvé du cardio. Aucun n’est en surpoids. Par contre l’absence de visibilité n’aide vraiment pas et la motivation s’étiole de semaine en semaine. Heureusement certains d’entre eux, les stagiaires et ceux qui font partie du groupe de suivi s’entraînent avec l’équipe première. Mais même pour eux, s’il n’y pas d’issue et de perspectives cela deviendra inévitablement très frustrant et cela cassera une dynamique.

Et psychologiquement ?

Cela devient très très compliqué d’avoir des contacts réguliers avec tous les joueurs. Il reste une ossature qui n’a pas lâché mais d’autres ne cachent plus leur démotivation. Nous nous disons que nous ne sommes pas les seuls à vivre cet état de fait mais cela ne peut pas nous satisfaire. Le rugby demande beaucoup des sacrifices personnels mais il offre aussi beaucoup de plaisir. Aujourd’hui le plaisir n’est pas là et notre discours a besoin d’être relayé par d’autres instances et par des faits. Un joueur est fait pour jouer !

Au regard du contexte, on peut toujours penser que le sport est accessoire et qu’un jour ou l’autre les choses retourneront bien à la normale. Pour autant, il faut gérer le manque et cette souffrance. Il existe encore, et heureusement, des jeunes ambitieux pour eux comme pour leur sport, c’est leur droit. Aujourd’hui pour ces générations le compte n’y est pas et la crainte de ne pas jouer, ni aujourd’hui ni demain, entraîne une angoisse légitime. Le club essaye tant bien que mal de proposer des solutions qui sont loin du compte dans la mesure où l’entraînement ne prend du sens qu’en jouant. À ce jour Carcassonne XIII et la MJC XIII sont leurs seuls interlocuteurs comme si le sacrifice de la jeunesse était déjà acté…

Lire la suite…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GIPHY App Key not set. Please check settings

Carcassonne. Joël Koffi : “Finir en beauté”

Carcassonne. “Si seulement on pouvait gagner sans jouer…”