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Lourdes. Pierre Berbizier, ancien du XV de France : “En 1981, j’ai démarré dans la polémique”

l’essentiel
Formé au CA Lannemezan, ancien joueur du FC Lourdes et d’Agen, Pierre Berbizier (56 sélections) se remémore ses débuts avec le XV de France en 1981 où pour ses débuts, il réalise le premier de ses deux Grands Chelem avant celui de 1987.

Ce Grand Chelem 1981, où vous avez connu vos premières sélections, doit forcément garder une place à part dans votre carrière…

Je m’en souviens très bien car j’étais jeune (22 ans) et j’ai démarré dans la polémique. Il m’a fallu appréhender ce monde médiatique car avant même de jouer, il y avait des débats à mon poste, notamment avec Jérôme Gallion. Tout cela avait été un peu monté en épingle par L’Équipe pour des raisons extra-sportives car le débat sportif était légitime, Jérôme étant un grand joueur. Il y avait un climat où tout était prétexte pour attaquer Jacques Fouroux, fraîchement nommé sélectionneur. On avançait sous les tirs de mortiers et je découvrais tout ça. Tout était à refaire, le rugby tricolore était en crise, et heureusement qu’on a vite gagné. Une équipe ne fait pas un Grand Chelem sans un meneur de jeu qui tient la route. Ça m’a rassuré car j’étais dans le doute. Vraiment une période très dure à vivre pour moi et pour ma famille.

Bien négocier ce premier Tournoi, est-ce cela qui a conditionné la suite de votre beau parcours avec les Bleus (56 sélections) ?

Oh mais cette décennie avec le XV de France n’a pas été un long fleuve tranquille ! Les débuts ont été compliqués, la fin aussi où je devais terminer sur la Coupe du monde 1991 et finalement non. C’était un combat permanent sur le terrain pour se faire la place car il y avait de la concurrence, une vraie qualité à ce poste de n°9. J’ai un beau parcours, mais je me le suis gagné.

Avant ce V Nations, personne ne misait sur la France…

Personne ne nous attendait. Je n’avais aucun repère, je découvrais ce contexte mais j’ai compris qu’il fallait se l’approprier : l’avant-match, le Parc des Princes, la presse… Tous les matchs étaient serrés, la France venait d’éviter la cuillère de bois l’année d’avant donc nous étions en retrait. Tout s’est fait dans la difficulté et le plaisir n’en a été que décupler.

Il y a eu ce crunch, à Twickenham (12-16) où vous avez fait coup double : battre les Anglais chez eux sur le dernier match et donc finir en beauté…

C’est là qu’on découvre la saveur d’une victoire en Angleterre. Ce qui m’avait marqué dans ce stade, ce sont les vestiaires avec ces baignoires où les premiers internationaux anglais se baignaient. La tradition, “le temple”, c’était jusque dans ces détails. Faire un Grand Chelem dans ces conditions, c’est de l’émotion. Sur le terrain, c’était l’enfer, on ne s’entendait pas. C’est un bon moyen pour apprendre la concentration.

Faut-il être forcément passé par Lannemezan pour être un grand n°9 des Bleus quand on voit Antoine Dupont prendre votre relais aujourd’hui ?

(Rires) Mais bien sûr ! Je ne comprends même pas que vous posiez la question car vous avez la réponse ! Astérix a la potion magique, mais nous, on a la passe magique à Lannemezan (rires).

Plus sérieusement, elle vous séduit cette équipe actuelle qui propose du jeu ?

Oui et on espère que ça va continuer. En tout cas, la communication est bonne car si on regarde bien, il n’y a jamais eu autant de jeu au pied alors qu’on vend une équipe qui joue dans tous les sens. Les temps de possession de l’équipe de France sont souvent inférieurs à ceux de l’adversaire et paradoxalement, ça plaît. Il y a une belle équipe qui sait structurer son jeu. Avant, on critiquait le jeu au pied, désormais c’est une arme fatale. Comme quoi, le conditionnement est important. Et cette équipe peut faire mal n’importe quand, tant mieux !

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