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Narbonne. Pro D2 : derby or not derby ?

l’essentiel
“Un derby est, Ă  l’origine, un match entre deux grands clubs. Le terme vient du vocabulaire hippique. Les Britanniques emploient toujours ce terme pour dĂ©signer un “big match”, c’est-Ă -dire un match important. Le “local derby” est un grand match mettant aux prises deux clubs gĂ©ographiquement proches, moins de 100 kilomĂštres.”. VoilĂ  la dĂ©finition selon WikipĂ©dia. La rĂ©alitĂ© du terrain est diffĂ©rente. Si pour un Biarritz – Bayonne, entre deux villes distantes de 8,5 km, on peut employer l’appellation derby, peut-on en dire de mĂȘme pour un Perpignan – Carcassonne, deux villes Ă©loignĂ©es de 116 km ? Pour notre journal, oui. Le match est “pile-poil” dans notre zone de diffusion. Les “puristes”, les passionnĂ©s, les supporters, sont en revanche un peu moins convaincus, voire pas du tout. Pour l’USAP, qui dit derby dit rivalitĂ© et histoire, donc ce serait plutĂŽt contre Narbonne voire BĂ©ziers. Pour Carcassonne, le vrai derby, c’est contre le voisin Narbonne dans un dĂ©partement scindĂ© en deux. Enfin, c’est du moins ce qu’on imagine vu de
 Perpignan oĂč l’USAP est LE club du dĂ©partement.
 

Au pied du Castillet 

À Perpignan, le derby contre Narbonne ou BĂ©ziers est historique, face Ă  Carcassonne, plus moderne.

À titre ancestral et culturel, dans les entrailles des Catalans, “les derbys pour l’USAP, c’est plus souvent contre Narbonne ou BĂ©ziers, que Carcassonne.” Les cartes sont-elles rebattues de nos jours ?

Jean-Marc Bourret, ancien ouvreur des sang et or et auteur de quatre pĂ©nalitĂ©s et d’un essai en vingt-cinq minutes lors d’un Carcassonne-Perpignan en 1985 (6-29), se souvient : “Les rencontres avec Narbonne avaient un goĂ»t particulier du fait de leur proximitĂ© et de leur raretĂ©. On se retrouvait souvent en phases finales plutĂŽt qu’en championnat. Et lĂ , c’était une notion de suprĂ©matie Ă  dĂ©fendre. Sur le terrain, les gens dĂ©fenseurs d’un territoire s’affrontaient. Mais je garde de trĂšs beaux souvenirs avec Didier Codorniou et Michel Ponçot qui sont devenus de bons copains.” Contre Carcassonne, le dĂ©fi “est tout nouveau”, selon GĂ©rald Bastide, en charge de la dĂ©fense et de la technique individuelle Ă  l’USAP, finaliste sous le maillot sang et or en 1998 face au Stade Français (34-7) : “C’est un concurrent oĂč avant la qualitĂ© de jeu, l’engagement et la fiertĂ© figurent en premier. La beautĂ© d’un derby tient dans ses surprises. A l’image en football d’un Lyon Saint-Etienne, que les Ă©quipes soient plus ou moins bien classĂ©es, Ă  ce moment-lĂ , ça se nivelle. Elles se transcendent.”

“Bien sĂ»r que c’est un derby !, claironne le demi de mĂȘlĂ©e Tom Ecochard arrivĂ© Ă  16 ans
 de Narbonne ! DĂ©jĂ  pour jouer Ă  Carcassonne, on ne part pas la veille. C’est une Ă©quipe depuis 2014 qui nous est difficile Ă  manƓuvrer chez elle, dans l’agressivitĂ©, le combat. Pour tout ça, c’est un derby. MĂȘme si c’est moins historique que face Ă  Narbonne, qui est incontournable, et BĂ©ziers, qui nous tient Ă  cƓur. Et puis, beaucoup de joueurs lĂ -bas ont Ă©tĂ© formĂ©s Ă  l’USAP.” Parmi lesquels, GaĂ«tan Pichon, RaphaĂ«l Carbou, Romuald Seguy. “Ils voudront faire la meilleure performance possible. Ça reste une tradition dans le rugby”, reconnaĂźt Christian Lanta, manager gĂ©nĂ©ral de l’USAP pour qui le match de vendredi “n’est pas un derby pur et dur mais en a la connotation au sens large, car ça reste en Occitanie.”

Sur les remparts de la citĂ©…

Jadis « face Ă  Narbonne, c’était le derby avec un grand D », du cĂŽtĂ© de Carcassonne.

Dans les annĂ©es 80 puis vers 2010, le meilleur ennemi de l’USC avait pour nom, Narbonne. Mais il y eut aussi par le passĂ© Castelnaudary, Limoux, Quillan, Fleury, Gruissan, Sigean/la Nouvelle et mĂȘme Ă  une certaine pĂ©riode MontrĂ©al d’Aude. Si bon nombre de ces Ă©quipes se produisent toujours dans le monde amateur, les Canaris sont Ă  ce jour les uniques reprĂ©sentants de l’Aude dans le monde professionnel, prĂ©sent dans le Top 30 national depuis plus d’une dĂ©cennie dĂ©jĂ . Aujourd’hui, ses rivaux les plus proches sont BĂ©ziers, Perpignan ou encore Colomiers. Ce vendredi, c’est chez les Catalans qu’ils se produiront. Mais peut-on vĂ©ritablement parler de derby ?

Pour le flanker ClĂ©ment Doumenc, Carcassonnais pur jus, “le vrai derby, c’est Carca – Narbonne, voire Carca – BĂ©ziers
” Avant de se raviser : “Allez, contre Perpignan, ça l’est aussi. C’est une question de rĂ©gion. Mais c’est assez neuf contre l’USAP qui fut longtemps en Top 14. Maintenant, il y a moins de rivalitĂ© historique qu’il y a pu en avoir avec le Racing. Face Ă  Narbonne, c’était le derby avec un grand D.”

L’entraĂźneur des trois-quarts carcassonnais, Julien Seron, Bourguignon de naissance arrivĂ© de Chalon-sur-SaĂŽne Ă  Narbonne Ă  l’ñge de 17 ans, a un avis beaucoup plus tranchĂ©. “Non ! Historiquement, il n’y a jamais eu des combats Carcassonne/Perpignan d’antan oĂč vraiment il y a une culture de clocher avec des villages entiers qui se dĂ©plaçaient pour soutenir leur Ă©quipe. Carcassonne est un club Ă©mergent dans le milieu professionnel. Je ne peux pas comparer ça Ă  des Narbonne – BĂ©ziers, Narbonne – Perpignan ou BĂ©ziers – Perpignan. Ça reste peut-ĂȘtre un derby d’Occitanie
 Les deux villes sont Ă  une heure l’une de l’autre.”

Reste qu’avec l’avĂšnement du professionnalisme, la notion de derby est plus Ă©loignĂ©e de la pertinence qu’elle pouvait avoir dans les annĂ©es 70 ou 80 oĂč les joueurs naissaient, vivaient et mourraient dans la mĂȘme ville ou ses environs.

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