Deux points. Soit l’écart qui sépare les Dragons du champion toute catégorie Saint-Helens. Les Catalans ont manqué de beaucoup de choses à l’heure des comptes. Même Sam Tomkins n’a rien pu faire. Il faudra repasser pour ramener le « trophy » à la maison.
Un cadre de rêve, un public exceptionnel et des supporters anglais venus encourager et supporter les « petits français » sur la pelouse d’Old Trafford. Le décor aussi fabuleux soit-il a malheureusement, pour les Dragons, connu une journée noire. Noir comme le regard de Sam Tomkins. Titulaire, l’arrière des Dracs a joué quatre-vingts grosses minutes, jouant surtout les pompiers de service pour éteindre les nombreux brasiers allumés par les adversaires du soir.
Noir comme les zones d’ombre dans lesquelles ne sont jamais sortis les Catalans. En exerçant une pression féroce, St-Helens a étranglé les Dracs, avant de les étouffer sous le poids de la volonté défensive. En balayant les initiatives catalanes comme le vent balaye les feuilles mortes, Laclan Coote et les siens menaient (6-4) à la pause.
À vouloir grandir trop vite, dans cette finale, les Dragons ont oublié que rien ne sert de courir. Le mal dominant des Saints, Alex Walmsley a dicté le bien et le mal autour de lui, posant son empreinte sur l’entame et propulsant la machine à gagner avec sa cinquième finale en trois ans vers le premier triplé de son histoire. En privant les Catalans de munitions, en exerçant une pression énorme et en verrouillant les initiatives des leaders de jeu des Dracs, St-Helens a tapé juste. Et quand James Maloney s’enrhume, ce sont tous les Dragons qui toussent.
Musclée, l’entame de cette finale a vu deux bêtes féroces se rentrer dedans avec un engagement terrible. Rien de surprenant non plus, sauf que les Saints ont été plus que « borderline », en mordant de trop nombreuses fois la limite de l’agressivité. Les intentions de James Maloney et Tom Davies ont irrégulièrement été éteintes par des Saints qui encore une fois n’en méritent pas le nom. Contrés et trop prévisibles, les Dragons ont marqué leurs seuls points du premier acte, grâce aux deux pénalités de James Maloney. Si St-Helens a bénéficié d’un surnombre à gauche pour sa seule réalisation de la première période par Kevin Naiqama, Sam Tomkins, deux fois d’entrée (3e, 4e) et Dean Whare et Tom Davies (39e) ont sauvé les leurs en projetant leur vis-à-vis en touche. À la pause le 4-6 est donc porteur d’espoir pour des Catalans privés de ballons, à condition de mettre la main sur le ballon ensuite. Sauf que le trois-quarts centre Dean Whare (poignet) quittera ses coéquipiers, déséquilibrant le côté droit, côté fort des Catalans.
L’essai de l’espoir avant le coup fatal
Dès la reprise, un jaune contre Tommy Makinson permet aux Dracs de jouer à un de plus. Le temps pour Josh Drinkwater de placer une passe au pied pour Mike McMeeken qui marquera le seul essai des siens. En menant 10-6, les Catalans feront ensuite de la résistance lors de vingt longues minutes. Sami Langi et Sam Tomkins sauvent un premier essai (63e) face à James Batchelor. Sauf que Kevin Naiqama bénéficie d’un rebond favorable suite à une passe de Jonny Lomax pour le 12-10. Le dernier quart d’heure sera aussi intense qu’exigeant pour des Catalans qui ont enchaîné une dernière maladresse en fin de rencontre. Rageant. Sauf que le réalisme a payé pour des joueurs de St-Helens qui ont connu un trou d’air en début de seconde période avant de signer une fin de match lucide, intelligente. À l’anglaise.
Aux Dragons de se nourrir maintenant de cette finale perdue. Après y avoir goûté sans retenue, les Catalans veulent déjà y revenir. Ce clap de fin terrible résonnera encore quelques jours dans la tête de tous, avant le début des vacances. Le théâtre des rêves a brisé celui des Dragons. Les quatre familles anglaises qui veillent sur la couronne ont encore réussi à repousser un rival. Rendez-vous peut-être en 2022, sachant que la marche qui mène à Old Trafford est aussi éprouvante que difficile à monter.
