S’ils veulent se prémunir d’un excès de confiance, les Toulousains ont largement les moyens de décrocher un succès bonifié face à des Palois n’ayant pas fait de ce déplacement une priorité.
Vous venez de battre Montpellier, de corriger Perpignan à Aimé-Giral et la réception de Bordeaux-Bègles est programmée dans une semaine : que feriez-vous à la place du staff palois au moment de rendre visite au Stade Toulousain, leader incontesté auteur d’un sans-faute depuis le début de la saison ? Réponse A : vous mettez la meilleure équipe possible pour vous jauger face à ce qui se fait de mieux en Europe. Réponse B : vous profitez de l’occasion pour faire souffler vos cadres dans la perspective du derby d’Aquitaine.
La Section et les « Rouge et Noir » ne jouant pas dans la même cour, Sébastien Piqueronies – au sujet duquel son homologue ne tarit pas d’éloges, évoquant « une bonne image et du bon boulot », des « résultats qui parlent pour lui » et « un mec qui dégage quelque chose de très sain dans notre milieu où sincèrement, parfois, cela ne nous ferait pas de mal de redescendre un peu et de baisser le chauffage » – ne s’est évidemment pas trompé au moment de cocher le nom des 23 joueurs appelés à se présenter sur la pelouse d’Ernest-Wallon cet après-midi. Il a ainsi préservé, entre autres, son capitaine, Lucas Rey, sa charnière Clovis Le Bail et Antoine Hastoy. Question de priorités, sans que l’on puisse aller jusqu’à parler d’une impasse. Lui emploie le terme d’ »équipe fraîche et pétillante ».
De la confiance mais des carences
Toujours est-il qu’au vu des forces en présence, ce rendez-vous ensoleillé entre Béarnais et Haut-Garonnais représente une belle occasion pour les Stadistes, s’ils ne vont pas trop vite en besogne, de jouer aux écureuils et de grappiller cinq points supplémentaires en prévision des tests automnaux qui vont grandement les impacter. « J’espère que nous aurons la possibilité de ne pas trop subir la trêve internationale même si je suis quand même assez inquiet sur le nombre de joueurs qui seront amenés à partir », évoquait jeudi Ugo Mola, à la veille de l’officialisation attendue du retour avec les Wallabies de Rory Arnold. En attendant la liste des Bleus et des Boks…
Faut-il pour autant s’attendre à la même promenade qu’en mai 2019 où l’ogre stadiste, qui marchait alors sur l’eau, avait infligé un cinglant 83 à 6 à son hôte ? Non, c’est évident. Malgré une confiance au beau fixe, une maîtrise grandissante des temps faibles et une défense relativement performante, la forme n’est pas la même et le niveau de jeu encore très largement perfectible. Les 21 points totalisés au classement ne suffisent pas à masquer les carences actuelles – et somme toute logiques à ce stade de la saison – du double champion en titre, dont le retour de mi-temps frappé du sceau de l’indiscipline à Biarritz le week-end dernier n’a pas du tout été du goût du staff.
La jurisprudence bayonnaise
Un encadrement qui a bien entendu gardé sa troupe en éveil cette semaine face à la décompression que pourrait entraîner le rapport de force déséquilibré sur le papier. « La pire des choses serait de penser que rien ne peut nous arriver et que nous avons juste besoin d’enfiler le maillot pour battre telle ou telle équipe et je suis malheureusement là pour le rappeler aux joueurs, prévient Mola. Notre niveau de vigilance ne doit pas être bas au regard de ce que nous avons vécu la saison passée lorsqu’on nous annonçait des matchs faciles. »
Une allusion à la défaite (28-32) enregistrée dans la Ville rose face à Bayonne au mois de mai, une semaine avant la finale européenne. Et si 10 succès ont suivi depuis, mieux vaudra donc ne pas avoir la mémoire trop courte.
La tendance : Toulouse 75 % – Pau 25 %
