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Tournoi des VI Nations : Anthony Jelonch, du Gers à Ernest-Wallon

l’essentiel
De Margouët-Meymes à Toulouse, quel parcours pour le Gersois du Castres Olympique Anthony Jelonch, retenu dans le groupe des 23 contre l’Italie, ce samedi, dans le Tournoi des VI-Nations!

Jelonch… Dans le rugby gersois, c’est un nom depuis les années “90” grâce à Jérôme, le père, flanker et demi de mêlée de Vic-Fezensac puis de Nogaro. Samedi après-midi (15h15) lors d’Italie-France (Tournoi des 6-Nations), Anthony, son fils (24 ans), perpétuera de nouveau la renommée du patronyme jusqu’au niveau mondial. Mieux encore… Avec les performances du 3e ligne du Castres Olympique et du XV de France, “Jelonch” tend à devenir une “marque déposée”, un “référentiel”.

Passé, chez les jeunes à Vic, Auch, par les sélections du Gers, Armagnac-Bigorre et les équipes nationales U 18, U 19 et U 20, le futur joueur du Stade toulousain (évoluant à Ernest-Wallon) est aujourd’hui à très haut niveau. Humainement, il est du même acabit. De la trempe de ceux qui n’oublient pas leurs socles : la famille et les amis des vallons du Parré (commune de Margouët-Meymes). Une marque déposée, un référentiel, disions-nous…

Son parcours envoie de fait un message à toute la jeunesse sportive gersoise. “Donne-toi les moyens de faire une carrière “à l’Anthony”, peut désormais conseiller un coach à sa ou son protégé(e). Car Jelonch, c’est aussi ce prénom dont la racine étymologique (du latin “Antonius”) signifie… “inestimable” ! Tout est dit.

Convoqué aux postes

Du numéro 7 (3e ligne côté ouvert) ou au maillot « 8 » (troisième ligne centre), il n’y a « qu’un pas » mais aussi un écart tactique, sinon technique. Convoqué à l’un ou l’autre poste, Jelonch s’accommode de toutes les exigences. Comment expliquer cette aisance ? Après Vic, la réponse vient aussi du côté d’Auch. L’entraîneur Cyril Garnier (3e ligne aile durant sa carrière) appartenait à un pool de managers (1) qui a perfectionné Jelonch, des cadets aux Crabos, en passant par le centre de formation.
« Comme Alldritt (venu de Condom), Dupont (de Castelnau-Magnoac) et Bourgarit (de Gimont) (2) que nous avons entraînés, Anthony est un gros bosseur, à l’écoute de tout, qui ne lâche rien, toujours dans l’intensité, capable de se faire violence et de repousser le seuil de la douleur. Ce sont des bijoux à entraîner, ça vient de leur éducation », cadre d’emblée le technicien. Le tableau ainsi posé sur le chevalet des prédispositions, Cyril Garnier détaille quelques secrets « de fabrication ».
« On ne voulait pas enfermer les joueurs dans des principes de jeu rigide. La vision du jeu, la plus anticipée, était le fil conducteur de notre formation. On voulait rendre les joueurs capables de prendre une initiative balle en main : faut-il défier en 1 contre 1, passer avant ou après contact, casser la ligne défensive ? Avec son intelligence de jeu, Anthony a immédiatement progressé en « 8 ». Mais comme il a aussi un « gros » foncier, il est capable de couvrir beaucoup de terrain en « 7 » et même au « 7 » (3) où il a été champion de France en 2013 ».
Pour Garnier et consorts, la conclusion s’impose donc : « Anthony est hypercomplet, avec un énorme bagage technique et très fort dans la lecture du jeu ».

(1) Roland Pujo, Patrick Davasse, Julien Sarraute, Bruno Soucek, Jean-Marc Bèderède, Kévin Ribreau.
(2) Tous trois internationaux.
(3) Match à 7 contre 7 sur grand terrain.
A Auch, « prépa physique » pour Jelonch (3e à partir de la gauche) et ses coéquipiers. Entraînement à 6 heures du matin…
A Auch, « prépa physique » pour Jelonch (3e à partir de la gauche) et ses coéquipiers. Entraînement à 6 heures du matin…
Photo DR.

La famille Jelonch en direct du Parré

Verdure, vignes, vaches, forêts, étangs, Pyrénées à l’horizon. Anthony a vécu dans cet environnement de carte postale jusqu’à ce que ses qualités sportives lui fassent voir « du pays ». Attaché aux valeurs paysannes, le « petit » dernier de la famille y a été éduqué pour affronter la vie qu’il y ait la réussite ou des moments plus compliqués « au bout ». 
Car si des blessures physiques ou morales rythment parfois la carrière d’un sportif, les intempéries marquent aussi la vie d’un agriculteur.
Dans ce milieu, le « pitchoun » (1,95 m aujourd’hui) grandit et comprend qu’il ne faut jamais se décourager, même tombé à terre : se relever, s’entraider avec le voisin, résister face à l’adversité, avancer, pour, au final, gagner. Le dur travail de la terre, malgré les avancées technologiques, bonifiant son « physique » au gré des rudes tâches agricoles, obscures et exigeantes. 
Transmetteur de ces vérités, le papa (58 ans) répète d’ailleurs souvent : « Dans la vie, sans ces valeurs terriennes, tu n’es rien ». Alors, Anthony ne les galvaude pas balle en main. Il joue pour l’équipe et le copain. Voilà pourquoi il revient régulièrement se ressourcer auprès de ses sœurs Fanny, Charline, sa maman Floriane et son père à la ferme au Parré qui reste son plus beau stade. Il y retrouve ses copains de toujours, de Vic, de Castillon et des alentours. Doué, humble, travailleur, appliqué, montrant l’exemple à suivre, il n’oublie pas ses racines et garde les pieds sur terre.

En juin 2018, le champion de France avec sa mère et son père (à gauche), ses oncles et sa tante.
En juin 2018, le champion de France avec sa mère et son père (à gauche), ses oncles et sa tante.
Photo DDM archives.

Les jalons de Jelonch

Anthony commente des moments importants de son parcours.
Débuts à Vic. « Mon père nous portait dans sa voiture avec mes copains. Dès le premier entraînement, j’ai réalisé que j’étais plus costaud que les autres ».
Prise de conscience. « En cadets, je me suis dit : « Et pourquoi pas aller plus haut ? ». J’étais aussi en équipe du Gers et Armagnac-Bigorre. Etre en sélection m’a plu ».
Le départ de Vic. « En cadets 2e année, j’ai choisi Auch. J’y étais au lycée et Antoine Dupont restait au FCAG une saison de plus. J’ai joué en cadets Alamercery puis en Crabos (juniors) où on a été vice-champions de France ».
Equipe de France « jeunes ». « J’étais heureux et surpris d’être sélectionné en U 18. Lors du premier match contre l’Italie, il y avait mes amis et ma famille dans les tribunes. On a gagné, c’était beau ! J’ai ensuite enchaîné avec les U 19 et les U 20 ».
Le choix de Castres. « En 2014-2015, je signe en Espoirs où Antoine jouait encore avant qu’il ne passe chez les « pros ». Avec lui, j’ai évité de me retrouver seul et loin de chez moi ».
Premier match « pro ». « En 2016-2017. On perd au Stade français. Je connaissais le haut niveau avec les U 20 mais, là, il a fallu que je « m’y mette vite » ! J’ai été bien intégré au poste « 8 ».
Champion de France. « En 2018 avec Castres. La montée des marches au Stade de France pour aller chercher le bouclier… Enorme ! Ma famille et mes amis étaient montés en bus voir le match. Cette même saison, je suis retenu en équipe de France. On perd contre les All Blacks et l’Afrique du Sud ».
Cette saison. « Débarrassé de mes douleurs aux épaules, j’enchaîne bien les matches avec Castres et l’équipe de France. Ça va de mieux en mieux ».
2021-2022… « J’ai opté pour le Stade toulousain, entre autres, pour espérer gagner un titre avec Antoine Dupont ! Pourquoi ce choix ? Le Stade, c’est le très haut niveau, on y joue la Champions Cup, j’ai beaucoup d’amis sur Toulouse et je me rapproche de chez moi ».

En 2016, en équipe de France U 20.
En 2016, en équipe de France U 20.
Photo DDM archives.

Dur à cuire du cru

A l’Union athlétique vicoise (UAV), l’éducateur Jean Dupouy a fait partie des premiers entraîneurs d’Anthony Jelonch. L’actuel conseiller technique de la ligue d’Occitanie de rugby (intervenant auprès des clubs du Gers) est donc bien placé pour évoquer la progression de l’international. Et on comprend comment ce « dur à cuire du cru » s’est rapidement imposé tout en sachant se construire des « outils » pour franchir des caps.
« Il a joué à l’UAV des minipoussins jusqu’en cadets 1re année avant de partir à Auch. Ses facultés de joueur « costaud » sont tout de suite apparues. Le fait d’être tout le temps en activité et pas seulement à l’école de rugby, dehors, chez lui, de travailler avec son père sur l’exploitation, de jouer au basket avec ses sœurs, etc., ont influencé son autoformation physique, son endurance. Il n’a pas eu besoin, par exemple, de faire de la « muscu » pour être fort du haut du corps ».
Voilà donc pour les qualités innées, naturelles. Le coach « tango » nous éclaire sur la formation spécifique, sur les acquis nécessaires pour installer, vers le haut niveau, les fondations de la carrière du Vicois de naissance.
« Il a eu très tôt une qualité gestuelle non négligeable. Adroit des deux côtés balle en main, toujours actif, capable de jouer devant et après la défense. On l’a positionné en 3e ligne en cadets après l’avoir fait débuter en 2e ligne en minimes. Alors, lui a-t-on transmis des acquis ? Oui forcément, mais pas plus qu’aux autres joueurs de cette super « génération 1996 ». Honnêtement, pour « rater » la formation d’un tel joueur, il fallait presque le faire exprès… ».

La fameuse équipe minime encadrée par MM. Jelonch, Larrey et Todo. Y figurent Anthony Jelonch (2e rang, 4e à partir de la droite), Gauthier Doubrère (Biarritz, Pro D2) et Maxime Gaignard (Blagnac, nationale).
La fameuse équipe minime encadrée par MM. Jelonch, Larrey et Todo. Y figurent Anthony Jelonch (2e rang, 4e à partir de la droite), Gauthier Doubrère (Biarritz, Pro D2) et Maxime Gaignard (Blagnac, nationale).
Photo DDM archives.

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