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« Glasgow et Saracens, deux déplacements qui me posent problème »: Mola et le Stade Toulousain craignent le voyage à Glasgow

Après avoir battu les Sud-Africains des Sharks avec le bonus offensif, les Toulousains vont se frotter aux Ecossais de Glasgow (samedi, 21h), eux-mêmes sortis du week-end de Champions Cup avec une victoire bonifiée. Avec ce premier tournant de la compétition, le manager toulousain se méfie du piège tendu et de la période délicate qui s’annonce pour son équipe eu égard au calendrier.

Ugo Mola, pouvez-vous nous parler de cette équipe de Glasgow, que vous affrontez six jours après votre victoire sur les Sud-Africains des Sharks?

Il y a pas mal de choses cumulées, notamment sur les deux jours de moins de récupération (Glasgow a joué à Sale vendredi dernier, ndlr), mais ça, à la limite, c’est le calendrier qui veut ça, dans un moment où, normalement, les effectifs sont en mesure de pouvoir l’encaisser. Nous, on est un petit peu à quelques endroits en flux tendu, mais comme tout le monde. Glasgow, les caractériser, ça fait quand même deux, trois saisons qu’ils sont performants sur la scène européenne ou en URC. Avec des derniers carrés, des quarts de finale… l’an dernier, ils sont est éliminés deux fois contre le Leinster, sinon ils sont vraiment performants dans l’ensemble des compétitions. Avec une troisième ligne de très haut niveau, un temps de jeu numéro un sur les trois championnats combinés, où je pense qu’il n’y a pas une équipe qui ait le plus gros temps de jeu qu’eux. C’est l’équipe qui fait le plus de passes, qui oblige les adversaires à plaquer le plus. On tourne entre 250 et 300 plaquages par match. Ce sont de petites stats qui valent ce qu’elles valent mais montrent l’intensité, le rythme, et les capacités à exploiter les qualités que sont les siennes. Sachant que vous avez une troisième ligne ultra mobile avec Dempsey, Darge et Fagerson qui est la troisième ligne quasi titulaire de l’équipe d’Ecosse, une charnière qui se connaît bien maintenant avec Horney et Hastings, un des meilleurs centres du monde aujourd’hui avec Tuipolotu qui sincèrement fait quand même des perfs de haut niveau sur la scène internationale.

Champions Cup - Les meilleurs et pires potos de la J1
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Donc il y a beaucoup d’inquiétudes de notre part, ce qui nous a amené à le préparer, je l’espère bien. Mais il y a une part d’inconnu: le terrain synthétique, le temps, on nous annonce quand même froid et vent, et pluie. Donc oui, pas mal d’incertitudes, d’interrogations, et à nous, justement, par notre préparation et notre application, de répondre à tout ça, mais cette équipe est assez… je m’amuse, concernant la présentation que j’ai réalisé avec mon staff aux joueurs : aujourd’hui, si j’enlève les équipes françaises, il y a Northampton, il y a Leinster et il y a Glasgow. Qui sont réellement des équipes qui t’amènent sur un terrain un peu différent. On va voir si Bath confirme son début de saison tonitruant en championnat, mais c’est vraiment une équipe étonnante. Donc on va se concentrer sur ce match-là, mais je ne le survends pas. On aura fort à faire pour revenir avec des points de là-bas.

Est-ce que la météo maussade annoncée pour le match est de nature à changer les plans de jeu? Peut-être plus de jeu au pied, moins de possession?

En fait, eux, ils ont la volonté vraiment de laisser le ballon sur le terrain. Évidemment, quand on joue Toulouse, on veut les priver un peu de ballon ou en tout cas éviter qu’on arrive à mettre, nous, la main sur ce ballon. Donc je m’attends à ce qu’on ait des longues séquences défensives à réaliser. Franchement, notre championnat ne nous amène pas vers ça. Je n’y peux malheureusement pas grand-chose. Chacun joue comme il a envie de jouer. Mais c’est vrai que la préparation à ce genre de match n’est pas (il s’arrête)… on va dire que notre championnat ne nous y prépare pas. Mais la semaine dernière il y a eu un peu de séquences un peu longues mais pas suffisamment. On a essayé de le faire cette semaine mais avec une semaine courte on ne pouvait pas non plus entamer notre énergie et notre capacité à répondre à ça. Donc voilà, c’est un match très intéressant à préparer mais un peu inquiétant.

« Tout le monde est obsédé par les points de bonus »

Est-ce que les conditions climatiques peuvent un peu annihiler la vitesse du terrain synthétique?

Le synthétique, c’est souvent un terrain à « accident » . Partout où on le voit, notamment des synthétiques d’extérieur. Parce qu’il y a beaucoup de turnovers, tout ce qui va être la présentation des ballons dans les rucks va être compliqué. Sachant que pour donner un ordre d’idée, Glasgow est l’équipe qui conserve le plus de ballons sur ses rucks, tous championnats confondus. Donc c’est bien qu’ils l’ont travaillé, qu’ils se sont adaptés à leur terrain et donc ils ont un petit temps d’avance évidemment sur ces conditions-là. Nous, on a essayé de se mettre en situation dans la semaine, mais malheureusement, je râle rarement quand il fait beau, mais on s’est entraîné toute la semaine à 18 degrés et grand beau. Donc on ne va pas voir les conditions qui se rapprochent de ce qu’on va vivre ce week-end. On s’adaptera, je l’espère.

Est-ce qu’il y a besoin, vu la connaissance que vous avez de ce format de compétition, de Champions Cup, de rappeler à vos joueurs l’importance de ne laisser filer aucun point dans cette phase de poules?

Je ne sais pas si vous me connaissez suffisamment, mais je le répète souvent. Après, de le répéter, est-ce que ça l’ancre ? Est-ce que ça met tout le monde en éveil ? Je crois que oui. Je pense que tout le monde en a assez conscience. Vous voyez que les joueurs qui sont venus devant vous ont plutôt conscience de ce paramètre-là. Mais ce qui est assez paradoxal dans cette formule, c’est qu’à la fois, si tu veux réellement te mettre dans les meilleures dispositions, il ne faut rien laisser tomber, mais à la fois, tu peux peut-être te qualifier avec très peu de points aussi. Donc c’est un peu le paradoxe. Et peut-être ce qui, je ne sais pas, ce qui trouble un peu cette compétition. C’est un peu des grands écarts permanents. Tout le monde est obsédé par les points de bonus, parce qu’on sait bien que ça compte à la fin. Pour autant, il faut gagner les matchs. Et en même temps que je vous dis ça, avec une victoire, je crois, et quelques points de bonus le Racing, je crois que c’était à 7 points, s’était qualifié il y a 2 ans ou 3 ans (8 points avec une victoire, deux bonus offensifs et deux bonus défensifs, il y a deux ans, ndlr). Après, on connaît le parcours du combattant quand tu te qualifies « au fond du bus ». Pour l’instant, on n’est pas dans les calculs, sachez-le, mais on va essayer de revenir avec des points de Glasgow, ce qui ne va pas être aisé.

Vous parliez de Glasgow, équipe de joueuse. Est-ce qu’au-delà de résultats, il y a aussi la volonté d’imposer votre philosophie de jeu, votre façon de voir le rugby aussi sur la scène?

J’espère qu’on essaie de le faire souvent. Parfois, ce n’est pas toujours d’à-propos ou le dernier geste n’est pas toujours à la hauteur de ce qu’on souhaiterait. Mais ce week-end, j’ai vu des choses très intéressantes Et même depuis quelques semaines, j’ai la sensation que notre rugby est un peu plus en place qu’il y a quelques temps. Je ne vais pas refaire la route de notre préparation, mais on a eu un premier bloc où il fallait qu’on se remette, avec deux semaines et demie de préparation, un peu en route. Donc les premiers matchs nous ont servi aussi de mise en place de notre rugby et j’ai la sensation que depuis les matchs à domicile contre Castres, contre le Stade Français, le Racing, nous a permis un peu de mettre notre rugby en place. Ce week-end, il y avait des choses intéressantes. On a mal fini. Je pense que le dernier geste n’était pas des meilleurs. Mais oui, on a toujours envie de faire valoir nos qualités. Je crois beaucoup aux identités des équipes et des clubs. Et je crois que notre identité reste de provoquer. Après, avec ou sans ballon, quand on regarde comment veut jouer ou souhaite jouer Glasgow, on sait qu’on va avoir à défendre. Mais j’ose espérer qu’ils auront aussi un peu à défendre. Et qu’on aura, encore une fois, l’occasion de tenir le ballon et de les mettre à mal avec le rugby. C’est une envie, une volonté et une conviction profonde de s’éprouver avec ses armes et notre rugby. Mais ça je pense que vous ne m’avez pas attendu pour que ce soit le cas avant et ça sera le cas je pense longtemps après.

« On va passer un peu au révélateur »

Est-ce pour vous le match le plus difficile de la poule?

Les deux déplacements que l’on a sur le terrain synthétique que ce soit à Glasgow et aux Saracens me posent problème depuis la réception du calendrier. Parce que j’ai un très, très mauvais souvenir d’un match aux Saracens il y a presque 10 ans maintenant. Puisqu’il était très particulier au regard de la période et des attentats qui avaient eu lieu la veille. Mais je pense qu’avec ces deux matchs, on va passer un peu au révélateur, évidemment de la forme du moment, mais avec les échecs, les problématiques que l’on a en termes d’effectifs, on s’attend à avoir deux rencontres difficiles à manœuvrer. Et avec un « Boxing day « au milieu de trois rencontres, dont deux déplacements, dont un sur synthétique de plus, on se fait un peu notre stage synthétique de 3 matchs sur 5. On sait que ça marque les organismes, on sait que c’est sollicitant, on sait que c’est des terrains accidents. C’est bien beau de le savoir, mais il faut le vivre. Donc on va essayer de s’adapter à tout ça. Mais oui, pour revenir à Glasgow, je m’attends que ce soit un des matchs les plus durs de la poule.

La période de décembre est-elle délicate à gérer, avec la Champions Cup, le Top 14 et des congés à donner?

Je pense qu’avec l’expérience et la connaissance de notre groupe, on essaye de le gérer au mieux. Il y a la gestion voulue et il y a la gestion subie. Ce qu’on arrive à anticiper, c’est toujours très bien, mais quand vous lâchez un Pita Akhi et que dans la foulée, vous avez trois blessures majeures au centre, vous vous dites « pourquoi j’ai lâché Pita ? ». Donc ça, c’était la gestion souhaitée.

Et puis celle subie, c’est vrai que ces derniers temps, sur la période, on essaie de garder un niveau constant tout en ménageant nos forces vives. On a conscience aussi que nos internationaux sont entre deux compétitions. Certains ont joué trois matchs de tournée à 80 minutes. D’autres ont connu des pépins dans ces périodes-là. Donc, on sait qu’il y a huit semaines très importantes pour le club parce qu’elles préparent un peu le printemps et les beaux jours. Et pour autant, il y a des échéances un peu différentes chez chacun. Donc, il faut qu’on arrive à gérer tout ça. C’est valable pour tout le monde. Sauf que nous, c’est multiplié par deux, trois, quatre, cinq, six… et ça ne vous a pas échappé que les règles qui allaient être mises en place à aller compliquer les choses. Donc oui, quand tu as 17, 18, 19 internationaux sollicités pendant la tournée de novembre et que tu sais que tu vas en avoir tout autant pendant le tournoi, il faut arriver à gérer ça. Mais c’est notre quotidien, on vit très bien avec ça et tant mieux pour nous si on a beaucoup d’internationaux.

Propos recueillis par Wilfried Templier

Source : RMC Sport

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