
Le président de l’Union Bordeaux-Bègles a pris la parole au sujet du Salary Cap et du Stade toulousain, auprès de Sud Ouest. Laurent Marti se dit favorable à un retrait de points et pointe clairement une « triche » toulousaine.
L’affaire fait grand bruit : l’affaire Jaminet ayant éclaté en plein jour, le Stade toulousain a été sanctionné d’une amende de 1,3 million d’euros auprès de la Ligue Nationale de Rugby, pour infraction au Salary Cap. Quelques jours après, nous apprenions que l’A2R, anciennement Direction nationale d’aide et de contrôle de gestion (DNACG), s’était saisie du dossier et que le Stade toulousain se retrouvait sous la menace de nouvelles sanctions, qui peuvent être sportives. Ce dossier n’est pas passé inaperçu auprès des présidents de Top 14. Alors que nous vous dévoilions que le président castrais Pierre-Yves Revol avait écrit à Yann Roubert pour demander plus de sévérité sur le Salary Cap, c’est au tour du président de l’Union Bordeaux-Bègles Laurent Marti de prendre la parole.
Le président du CO, Pierre-Yves Revol, initiateur du dispositif du Salary Cap, a écrit cette semaine au nouveau président de la LNR, Yann Roubert, pour demander des sanctions plus dissuasives à l’avenir.
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— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) March 27, 2025
Auprès de nos confrères de Sud Ouest, Marti s’est d’abord exprimé sur la sanction initialement infligée au club toulousain. Pour lui, une simple amende ne suffit pas à compenser la faute qui a été commise dans un cas comme celui-là : « Ce qu’on a vu, c’est que Montpellier avait pris en son temps une amende de 3 millions d’euros, celle du Stade Toulousain est de 1,3 million. Pourquoi et comment, on ne sait pas. C’est ce qu’on veut justement changer. Ouvrir beaucoup plus les détails de la négociation. Je crois que ce règlement a été mal fait. C’est-à-dire que dans le Salary Cap, s’il y a triche, il ne peut y avoir qu’une amende financière. Il doit y avoir retrait de points. Et s’il y a récidive, ce retrait de points doit être encore plus sévère. » Un sujet sur lequel il ne remet pas spécifiquement en cause la sanction adressée au Stade toulousain, puisque édictée selon les réglements actuels. Ce vendredi, il nous précisait encore par message : « Le rapprochement avec la sanction actuelle du Stade toulousain n’a pas lieu d’être, car il est bien évident que celle-ci ne peut être prise que dans le cadre des réglements actuels. » Des réglements qu’il souhaiterait faire évoluer, comme il le formulait à Sud Ouest: « La Ligue a appliqué le règlement qui avait été voté. Elle ne pouvait pas aller plus loin et c’est ce qui me dérange. »
Si demain, on laisse un PSG se fabriquer…
Argumentant sur le fait qu’un milliardaire pourrait alors avoir à payer une amende mais aura avant cela réussi à construire une équipe imbattable pour gagner le championnat, le président Bordelo-Béglais poursuivait en ciblant particulièrement Toulouse. Évoquant le rallongement du Salary Cap apporté par les internationaux français (un crédit de 180 000 euros supplémentaire par joueur), il rajoutait : « Être champion de France donne droit à 500 000 euros supplémentaires de Salary Cap. Même chose si tu es champion d’Europe. Si en plus tu triches, tu deviens inaccessible. »
Tout en précisant : « Je ne veux pas me réfugier complètement derrière ça », Laurent Marti finissait par un parallèle entre le Stade toulousain et le Paris Saint-Germain, club de football français reconnu pour ses moyens presque illimités, qui lui permettent de dominer outrageusement le championnat de Ligue 1. « Le souci, c’est de savoir, jusqu’à quel point on veut créer le Paris SG dans notre championnat. Si demain, on laisse un PSG se fabriquer parce qu’on lui donne la possibilité d’avoir des moyens qu’on ne peut pas rattraper, neuf fois sur dix, on va connaître le vainqueur du championnat. Ce n’est pas ce qu’on veut. »
