Battu aux Saracens (20-14) dimanche, le Stade Toulousain se retrouve en position délicate en Champions Cup. Avec deux défaites en trois matchs, il se doit de battre Sale samedi prochain pour se qualifier, dans un tableau qui promet assurément d’être relevé. Mais selon le manager Ugo Mola, il faudra retrouver un niveau dont son équipe était très loin ce week-end.
Ugo Mola, après un bon premier tiers de match, votre équipe a vécu dix dernières minutes de première période très compliquées, puis n’a jamais retrouvé le fil. Comment l’analysez-vous?
Il me semble que du ballon un peu contré sur Antoine (Dupont), derrière, on a du mal à sortir de ce camp et on est coincé un peu. En tout cas dans le premier acte, il doit rester 10 minutes à peu près, sur lesquelles on fait des fautes et on commence à entrevoir notre faiblesse ou fragilité, ou en tout cas notre incapacité à tenir suffisamment le ballon. Le retour de mi-temps est plutôt favorable, on arrive enfin à avoir des opportunités, mais, au final, on a beaucoup d’opportunités. Pas nettes, mais en tout cas on a beaucoup d’opportunités pour scorer. On ne le fait pas. Donc voilà. Un match dans des conditions évidemment compliquées, mais que Glasgow et les Saracens ont bien mieux maîtrisés que nous.
Les Saracens ont été plus réalistes?
Ils ont marqué plus facilement que nous en tout cas. Je pense qu’ils ont été pénalisés plus que nous, ils ont moins d’opportunités que nous, et pour autant on prend 20 points. Je pense qu’il y a évidemment un essai de trop pour rivaliser. Et puis derrière… je crois qu’il y a 29 ou 30 turnovers de notre côté. Donc il y a trop de fragilité et trop d’imprécision pour gagner un match à l’extérieur de ce niveau-là. Il ne faut pas chercher plus de malaise que ça, on n’est pas bons. Et à nous de baisser la tête, comme c’est souvent le cas, et d’éviter de surinterpréter et peut-être de trouver des malaises ou des maladies qu’on n’aurait pas. Mais dans tous les cas, il faut prendre le temps de bien regarder et de se remettre la tête en place dès le week-end prochain.
Il reste le match face à Sale pour aller chercher cette qualification, vous le voyez simplement comme cela?
Oui, oui. Après, cette qualification est évidemment faisable avec deux victoires. Force est encore une fois de reconnaître que la poule était tendue et que nos deux matchs à l’extérieur sont à ce jour manqués. Donc on est rentré un peu dans le rang et très certainement devenu un peu ordinaires. Et l’ordinaire ne suffit pas pour se qualifier dans les premières places de la Champions Cup.
« On craque un peu vite »
Ce n’est pas la première fois que vous encaissez pas mal de points en peu de temps (15 en 10 minutes). Cela vous inquiète ?
Il me semble qu’on craque un peu vite, c’est évident. Pour autant, je ne vois pas un secteur plus déficient que l’autre. Je pense que c’est un tout sur lequel j’insiste un peu. Je trouve qu’on est rentré un peu dans le rang. En tous cas sur notre rugby, je ne me trouve pas inspiré, pas inspirant. Sur ce match-là, même si les conditions sont compliquées, il y a quand même des opportunités pour marquer et trouver des solutions mieux que ce que l’on a pu faire.
Pensez-vous ce constat momentané?
Non, momentané non. On a perdu deux matchs à l’extérieur. En championnat, pour l’instant, ces fragilités ne sont pas aussi marquées que dans cette compétition. Mais encore une fois, je ne cherche pas… évidemment, c’est votre job de chercher les fragilités, la maladie et autres. Mais pour l’instant, factuellement, on fait deux matchs à l’extérieur qui ne sont pas de notre calibre contre deux très bonnes équipes, mais qui ne sont pas de notre calibre. Donc, bravo à eux et puis, on va se remettre, je l’espère rapidement, la tête en place pour exister un peu mieux que ce que l’on le fait.
Vous avez pris deux points de bonus défensifs lors de ces deux défaites. Vont-ils tout de même compter pour le classement final avant cette dernière journée?
Oui alors la dernière journée… on rejoue vite, puisqu’on est les premiers à rejouer samedi, avec un match dimanche en étant les derniers. Donc, c’est un jour et demi d’entraînement. Et puis, ça fait quatre semaines qu’on ne s’entraîne pas trop au regard des fêtes, des Boxing days, des périodes de congés à donner. Donc, on court un peu après le temps. Et en même temps qu’on court après le temps, peut-être qu’on court un peu après notre rugby. Même s’il y a eu, encore une fois, des performances à Lyon ou à La Rochelle qui étaient satisfaisantes sur le moment. Mais pour moi, il n’y en a pas assez. Et puis, je nous trouve très ordinaire.
« Faire le nécessaire pour donner le change »
Vous rejouez très vite face à Sale (samedi à 18h30). Une manière de pouvoir basculer?
Ce n’est pas évident, parce que je crois qu’il y a eu un gros engagement face aux Saracens. Même si ce n’était pas un match ultra-spectaculaire, il y a eu beaucoup d’engagement. En tout cas, je ne peux pas reprocher à notre équipe de ne pas s’être engagée. Mais l’engagement ne suffit pas. Il faut un peu plus de maîtrise, un peu plus d’application, un peu plus de ballon. Et il nous en a manqué dans les moments clés. Malgré le fait d’avoir eu ces opportunités, ces occasions. Mais c’est, encore une fois, insuffisant au regard de la qualité qu’on doit être capable de produire.
Difficile de penser à la phase finale avant le dernier match. Mais promet-elle d’être compliquée?
On va attendre de voir ce qui va se passer. Après, il y aura toujours un tableau plus compliqué que l’autre. Mais même en étant troisième, quatrième, tu n’es pas à l’abri d’être dans un bon tableau. C’est ça qui est terrible dans cette compétition. C’est qu’il n’y a rien qui est écrit. Je pense qu’on se doit de se qualifier, déjà. Et à nous, déjà, de faire le nécessaire pour donner un peu plus le change. Sur notre rugby et sur notre capacité à faire des choses un peu plus cohérentes. Ce soir, je nous ai trouvé, encore une fois, ordinaires et un peu pauvres à certains moments.
Source : RMC Sport
