
Le rapport annuel de la commission de contrôle des championnats professionnels (CCCP) pour la saison 2023-2024 éclaire sur la santé financière du Top 14 et de la Pro D2. Si le potentiel économique du rugby français y apparaît clairement, les deux premières divisions vivent globalement au-dessus de leurs moyens. Voici les principaux chiffres et éléments à retenir.
10 clubs de l’élite « dans le rouge »
Le chiffre résume à lui seul la tension économique qui règne en Top 14 : dix des quatorze clubs de l’élite ont terminé la saison 2023-2024 « dans le rouge » avec une perte d’exploitation à hauteur de 64,5 millions d’euros, en hausse de 9,7 % par rapport à la précédente ; après abandon des créances des actionnaires, la perte nette est ramenée à – 34,9 millions d’euros. Un des quatre clubs « dans le vert » affiche un résultat positif de 1,7 million d’euros, faisant figure de bon élève. En Pro D2, la proportion est sensiblement la même avec douze clubs sur seize qui ont terminé l’exercice 2023-2024 en négatif, deux clubs ayant perdu plus de 3 millions d’euros sur la période.
16,9 millions de pertes pour un club
Trois clubs de l’élite affichent des déficits d’exploitation à huit chiffres, à – 16,9, – 13,7 et – 10,4 millions d’euros. « Le plus gros déficit d’exploitation est une nouvelle fois réalisé par le même club que les saisons précédentes, avec un financement complémentaire de son actionnaire principal au niveau du résultat exceptionnel », précise le rapport de la CCCP.
+ 10 % de recettes, la billetterie s’envole…
La LNR se targue de ce chiffre qui illustre, il est vrai, la vitalité et le potentiel économique des championnats professionnels : « Les recettes d’exploitation cumulées des clubs de Top 14 et Pro D2 sont en nette augmentation (+ 10 %) avec une croissance à deux chiffres sur cinq des sept postes de produits. » Les recettes de match progressent notamment de 15 % en Top 14 et de 41 % en deuxième division. Le chiffre d’affaires du rugby professionnel a atteint ainsi un nouveau niveau historique en 2023-2024 à 598 millions d’euros (contre 543 la saison d’avant) ; pour le seul Top 14, il est à 434 millions d’euros (+ 9,3 %).
+ 7 % de masse salariale
La question du salary cap se pose plus que jamais à l’aune de ce rapport. D’après la CCCP, « la masse salariale progresse de 7 % avec celle des joueurs qui enregistre + 3,51 % en Top 14 et + 20,8 % en Pro D2. » La part accordée aux staffs contribue en bonne partie à cette hausse. À noter que « trois clubs captent à eux seuls 85 % de l’augmentation » de cette masse, ce qui témoigne d’une course à l’armement en haut de tableau. Pour la première fois, en Top 14, le niveau de rétribution (en brut) « joueurs » a dépassé la barre des 10 millions en moyenne, passant de 9,8 à 10,1 millions d’euros. Toutefois, la part accordée aux salaires diminue, en proportion du reste : « La masse salariale représente désormais 40 % du total des charges d’exploitation, contre 45 % il y a deux ans. »
62,5 millions d’euros, le budget maximal
De 23,4 millions en 2016, la moyenne des budgets de Top 14 est passée à 37,6 en 2023-2024. Une saison qui a vu une des écuries atteindre un nouveau record en la matière avec 62,5 millions d’euros de budgétisés ; à noter que ce club n’a budgété « que » 50,4 millions pour l’exercice en cours. Le plus petit budget de l’élite se chiffrait à 18,3 millions en 2023-2024. En Pro D2, cela va de 5,8 à 19 millions pour une moyenne à 11 millions d’euros.
