
Célébré par un Oscar Midi Olympique qui vient récompenser des performances remarquables malgré un récent coup de fatigue, le deuxième ou troisième ligne montpelliérain Yacouba Camara est revenu sur la signification de cette distinction. Il évoque aussi son souhait de défendre les couleurs du Mali, le pays d’origine de ses parents.
Que vous évoque cette distinction ?
Cela fait toujours plaisir de recevoir une distinction à titre individuel. Parce que c’est vrai que si moi je ne suis pas bon individuellement ou si les autres ne sont pas bons individuellement, le collectif ne sera pas bon. On parle toujours du collectif, mais c’est vrai qu’on fait un sport d’abord individuel, qui se transforme en collectif où chacun doit apporter sa pierre à l’édifice. Donc c’est un titre individuel qui me marque et qui est important pour moi et j’en suis très fier aujourd’hui.
Que représente le fait que cette distinction ait été décernée par « le » journal du rugby ?
En France, le Midi Olympique est la référence. Tout passe par là. D’être reconnu et honoré par ce journal, c’est très gratifiant et très important pour moi.
Vous avez signé une excellente saison dernière et vous êtes toujours sur la même dynamique cette année, avez-vous changé quelque chose dans votre préparation pour retrouver un tel niveau ?
C’est vrai que le Top 14 est compliqué, le rugby de haut niveau est dur et notre sport est difficile. On vit des saisons de 11 mois, ce n’est pas facile de durer, de tenir la performance toute l’année. Je le ressens moi-même physiquement, et même le staff l’a vu. Par exemple, en ce moment je commence à replonger parce que je suis fatigué. J’ai fait des prises de sang qui ont montré que j’avais des carences. Pour en revenir à votre question, il est vrai que la saison dernière a été éprouvante, de la préparation physique jusqu’à ce match du maintien à Grenoble. Cette année encore, on a fait une bonne préparation car il y avait une vraie envie de remonter le niveau de l’équipe, de gagner des matchs, de lancer bien la saison et après être constant.
Midi Olympique est la référence en France
Êtes-vous satisfait de la nouvelle politique sportive qui a été adoptée par le club, avec un staff montpelliérain ?
Tout à fait. C’est une politique qui permet aux gens qui ont porté ce maillot, aux personnes qui ont grandi ici d’apporter leur pierre à l’édifice. Par exemple, j’ai joué avec Benoît Paillaugue et Geoffrey Doumayrou mais notre relation de joueurs entraîneurs fonctionne très bien. C’était un pari, c’était risqué, mais ça paye. Je pense qu’on est seulement au début de la construction du nouveau projet du MHR.
Ce club a besoin de stabilité ?
Bien sûr. Ce club a besoin d’une formation forte, de stabilité au niveau du staff, mais aussi au niveau de l’effectif. On veut jouer plus haut que le maintien, c’est quelque chose de primordial pour nous.
Expliquez-nous votre choix de porter les couleurs du Mali alors qu’il y a peu de temps, vous sembliez proche d’un retour en équipe de France ?
Pour certains, je n’étais pas loin de l’équipe de France, mais je pense que j’en étais loin quand même. On voit les jeunes qui poussent. Durant la cérémonie, on regardait les vidéos de l’époque où j’étais à Toulouse ou quand je commençais à arriver à Montpellier. De toute évidence, je n’ai plus le même gaz qu’avant. Les entraînements, je les subis plus qu’avant. Pour moi, l’équipe de France, c’était un encore de ma tête. Mais honnêtement, je ne pense pas avoir encore le niveau. Comme il me reste quelques années à jouer, je voulais aider le pays d’origine de mes parents. Je voulais apporter ma contribution au développement du rugby africain. C’est important pour moi d’aider un pays qui a des difficultés au niveau du rugby, où il n’y a pas de structure. Mon engagement a fait que d’autres joueurs se sont manifestés, c’est positif. Si on arrive à développer le rugby en Afrique, le rugby sera vraiment mondial, comme le foot.
