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« La naissance de ma fille m’a donné un lien unique avec Toulon et le RCT » : Ludlam se confie

Mec… J’adore ça ! Ça va au-delà de mes espérances. Je suis arrivé ici en provenance d’un club où je me sentais bien et que j’aimais vraiment. C’était le club de mon enfance, le club de mes rêves. Mon premier rêve était de représenter Northampton, puis de représenter l’Angleterre. Maintenant, je suis allé chasser un autre rêve : je voulais représenter, du mieux possible, une équipe où j’ai vu de nombreux Anglais s’épanouir comme les frères Armitage, Jonny (Wilkinson) et tant d’autres. Parfois, je me pince en me disant que je représente Toulon. C’est quelque chose de spécial.

Avez-vous des regrets alors que le Tournoi des 6 Nations vient de passer et que vous ne pouvez pas représenter votre pays ?

Je n’ai aucun regret, vraiment. D’ailleurs, dans ma philosophie de vie, je ne pense pas que l’on puisse vivre sa vie avec des regrets. J’ai chassé un défi pour un autre.

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans ce rugby français ?

La façon dont vous vivez le rugby.

Dites-nous…

Vous vivez le rugby avec une telle passion. On prend l’exemple d’aujourd’hui (l’entretien a été réalisé mardi 1er avril, NDLR) : des personnes se déplacent, en pleine semaine, pour venir nous voir à l’entraînement. Ils s’intéressent au club au quotidien, et ils ne se contentent pas d’aller au match. Ils font partie de l’équipe. Quand tu vois ça, tu n’as qu’une envie : tu te dois de te battre pour eux, pour ces personnes qui donnent de leur temps et de leur argent. C’est beau !

En janvier, lors d’une conférence de presse, vous avez évoqué le fait que vous appreniez à être patient en France. Votre temps de jeu est moins conséquent qu’avec Northampton, notamment en raison de la règle des JIFF. Comment avez-vous vécu cette situation ?

On ne va pas se mentir. D’une manière naturelle, en tant que joueur de rugby, je veux jouer tous les matches. Je veux jouer 80 minutes de chaque match. Je suis comme ça, c’est en moi. Mais, Pierre (Mignoni) a une autre vision : il pense à long terme. C’est ce qui différencie un joueur d’un entraîneur (sourire). Il a réussi à ce que tout le monde soit investi dans un projet. L’équipe tourne, et elle reste performante. Avec ça, on permet à nos gars de garder de la fraîcheur. À Castres, on a pu reposer des garçons comme David (Ribbans), Leicester (Fainga’anuku) ou encore Jérémy (Sinzelle) et l’équipe a été dure à battre. C’est une belle image de ce qu’est Toulon.

Qu’avez-vous appris, d’un point du vue du jeu, en France ?

J’ai énormément appris sur l’attaque. Ici, vous aimez le rugby déstructuré. Vous cultivez cette forme de rugby, même aux entraînements. En Angleterre, tout est structuré et calculé. Vous savez où vous devez être à chaque instant de la partie. Ici, le staff nous challenge sur le fait de vite réagir et de s’adapter en conséquence à ce que l’on a face à nous. Je n’avais jamais connu cela, et honnêtement, j’ai eu besoin d’un petit temps d’adaptation. Ce rugby rend aussi la défense plus difficile, parce que vous avez des difficultés à lire ce que fait l’équipe adverse. C’est un rugby imprévisible, qui apprend aux étrangers une autre facette de ce jeu. J’apprends beaucoup. Maintenant, Pierre le dit aussi, nous apportons aussi beaucoup au rugby français.

Appréciez-vous ce rugby déstructuré ?

J’aime ce mélange de culture. J’aime cette forme de rugby, parce que je pense que je le pratiquais déjà à Northampton. À l’extérieur, nous étions probablement l’équipe la plus française du championnat (rires). Nous aimions jouer au large et avec du volume même si à l’intérieur de tout cela, je me rends compte maintenant que tout était, à vrai dire, bien structuré ! En fait, j’aime cette liberté accordée aux joueurs sur le terrain. On se sent acteur du jeu, et pas seulement une forme de robot qui répète des schémas. En revanche, ça demande une réactivité de tous les instants et d’être en forme. Ici, on fait marcher notre cerveau sur le moment de l’action.

Au-delà du rugby, comment jugez-vous la vie en France ?

C’est un bonheur au quotidien. C’est aussi simple que cela. Je pense à ma famille, à ma petite fille qui vient de naître. C’est un privilège qu’elle grandisse en France, et nous, avec ma compagne, nous grandissons en tant qu’humain. Northampton restera ma maison pour toujours, mais ce n’est pas comme ici. Ici, je termine l’entraînement, le temps est merveilleux et j’emmène ma fille à la plage. Je lui montre plein de choses que la vie nous offre. Ce n’est encore qu’un bébé, mais son corps se souviendra toujours de ce bon temps, ici, en France. C’est une richesse inestimable d’offrir cela à un enfant.

Vous parlez de votre fille avec émotion. Voyez-vous la vie et le rugby différemment depuis qu’elle est arrivée ?

Plus que je ne l’imaginais. Avant, je jouais uniquement au rugby pour ma personne. Bien sûr, j’ai rendu fière ma famille et ceux qui m’apprécient. Mais, au fond, je jouais pour moi. Je voulais être le meilleur et gagner des trophées. C’était une expérience, au fond, assez personnelle. J’ai fait cela parce que c’est ce que je voulais au plus profond de moi. Maintenant, les choses ont changé avec l’arrivée de ma fille. Je veux marquer le présent dans l’optique aussi de pouvoir regarder en arrière dans le futur. Dans quelques années, j’ai envie de dire à Luna : « Papa a gagné la Premiership, il a joué pour l’Angleterre. » Et j’ai envie d’ajouter que j’ai remporté le Top 14 et la Champions Cup. Je veux faire les choses pour l’inspirer. Cette motivation m’a donné un nouvel élan au quotidien, et plus d’énergie chaque semaine.

Votre fille est née à Toulon. Est-ce que, d’une certaine manière, cela vous a rapproché de la France ?

(Il coupe) Pas de la France, mais de Toulon. Mais vous avez raison, je ressens ça au fond de moi. Ma fille est Toulonnaise. C’est un fait, elle est née ici. La naissance de ma fille m’a donné un lien unique avec Toulon et le RCT. C’est sa ville de naissance, ça le restera. Quand j’enfile ce maillot, qu’il y a le blason de la ville de Toulon, je me bats aussi pour la ville de ma fille.

C’est une émotion particulière…

Oui. Ce sentiment donne un peu plus d’émotion à chaque match. Je joue au rugby avec les sentiments et les émotions de mon parcours. Ma vie a fait que ma fille est née ici, et cela ajoute une motivation particulière et unique.

Au-delà du rugby, de votre fille, de votre passion pour la musique, on vous connaît aussi photographe sur les réseaux sociaux par le biais de votre compte The Lewis Ludlam Experience. Que recherchez-vous dans cet art ?

Tout d’abord, vous avez raison, c’est une grande passion. C’est bien vu (rires) ! Même si ce n’est pas la même chose que le dessin, la narration ou l’expression orale, je pense qu’il y a une forme de narration dans la photographie, dans le fait de capturer instantanément et facilement un moment du présent. J’aime capturer des souvenirs.

Votre travail est de qualité. Vous changez les formats, les endroits… Dans quel but avez-vous décidé de professionnaliser cette passion ?

Je challenge mon cerveau. Lorsque vous vivez de nouvelles expériences dans la vie, je pense que, parfois, dans votre tête, cela semble parfois différent de ce que c’est en réalité. En prenant une photo, en la retouchant un peu, on donne, à ce moment précis, une chaleur particulière et une expérience unique. Pour moi, mon réseau social est le livre de ma vie. Dans quelques années, je sais que je vais prendre du plaisir à me remémorer ces bons moments de vie. Enfin, c’est une forme d’échappatoire.

À la dureté du rugby ?

Exactement. Le rugby est une grande partie de notre vie, mais il est rude. C’est un sport intense, encore plus quand on joue en Top 14. Parfois, je sors dans la rue, je prends mon appareil et je me détends en prenant des photos. Quand je prends une photo, je ne pense qu’à ça. Mon esprit s’évade, je ressens une forme de bonheur.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour cette fin de première année en France ?

Deux trophées (sourire). Quand j’ai signé ici, c’est l’objectif que je me suis fixé. Même si j’aime la vie ici, je ne suis pas venu pour le soleil, ou le bon temps. Je suis là pour gagner, tout gagner. Cet objectif restera tant qu’il ne sera pas atteint.

Source Rugbyrama

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