
Les Bordelais ne veulent pas revivre la même mésaventure qu’en 2024. Tout au long de cette semaine courte, ils ont privilégié la récupération pour ne pas se cramer avant de retrouver le rude Munster.
Faut-il y croire ? Oui, évidemment. L’UBB et sa patrouille de France se retrouvent comme l’an passé, gâtées par un quart de finale à domicile contre un adversaire… Qui ne joue pas en Top 14 et qui n’est pas le Leinster. On ne peut donc pas ne pas considérer les Bordelais comme favoris face à la province du Munster. On disait la même chose en 2024 avant de voir débarquer les Harlequins à Chaban-Delmas, le résultat fut totalement à l’inverse des pronostics, au tableau d’affichage, mais aussi dans le contenu de la rencontre qui avait vu les Bordelais totalement « tordus » en mêlée à la surprise générale. Une impression de légèreté s’était dégagée de ce rendez-vous manqué, comme si les Girondins préparaient déjà une demie promise face à Toulouse avant d’honorer son rendez-vous. Yannick Bru a récupéré deux « vacanciers », Louis Bielle-Biarrey et Marko Gazzotti, une tête d’affiche et une pépite : deux atouts maîtres pour enfoncer le clou vers le dernier carré continental.
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La peur du sol
Mais le Munster est réputé plus dense, plus fort dans le combat que l’Ulster, victime du huitième de finale. Les Irlandais de l’ouest ont poignardé La Rochelle samedi dernier, par un festival dans le jeu au sol, l’un des secteurs les plus ingrats du rugby, le plus éloigné du regard du grand public en tout cas. Yannick Bru nous l’a annoncé dès dimanche dernier. Il avait regardé la veille la façon dont les Irlandais avaient grippé le mécanisme rochelais et nous avait offert la comparaison avec les statistiques de son huitième. Dans le jeu au sol, la balance fut déficitaire face aux Ulstermen : 6-4 ou 7-5 selon les sources. Une question de courses, de soutiens, d’engagement. Alors en début de semaine, les Bordelais ont révisé leurs gammes dans ces fameux points chauds. « Nous avons réalisé des performances trop moyennes dans ce secteur contre l’Ulster. Et tout le monde a vu que le Munster avait bâti son succès sur sa domination au sol et sur les points de contact. On sait que les Irlandais usent beaucoup les équipes françaises là-dessus. Donc, on sait que ça sera un point important, qu’il faut travailler à l’entraînement. Il faut avoir des repères forts, mais aussi se préparer mentalement parce que, comme la défense, cette zone-là, c’est une organisation mais c’est aussi un état d’esprit. » À ce niveau de compétition et à ce moment de la saison, la préparation d’une équipe relève parfois de l’orfèvrerie. Il n’était pas question pour le staff de l’UBB de cramer ses hommes avant l’échéance surtout avec seulement cinq jours de préparation. « La priorité, c’était de bien récupérer avec pas mal de joueurs qui ne se sont quasiment pas entraînés. Nous avions quelques petits bobos et certains joueurs ont eu du mal à enchaîner comme Damian Penaud qui a énormément souffert de la chaleur de dimanche. D’autres joueurs du pack ont ressenti la même chose. »
Une stratégie nouvelle
Les Bordelais ne se sont donc pas épuisés physiquement dans le secret du Stade André-Moga. Mais ils ont été prévenus de ce que vont tactiquement proposer les Irlandais, désormais tournés vers plus de possession par opposition à l’image qu’ils ont forgée dans les années 2000. On peut imaginer que l’attention aura été mise sur Thaakir Abrahams, centre sud africain sans sélection mais décisif face à la Rochelle, sur l’abattage de Tadhg Beirne, poutre du pack, et sur la justesse de la charnière Casey-Crowley (le premier est aussi un poison par sa façon de parler à l’arbitre). Yannick Bru a évoqué un plan de jeu différent que celui face à l’Ulster, dont il gardait le secret évidemment. L’UBB appuiera-t-elle tout de suite sur le champignon en partant de loin comme dimanche dernier ? Mais quel qu’il soit, il aura besoin d’hommes en pleine forme, c’est cette énergie que les coachs bordelais ont tenté d’entretenir depuis cinq jours. Un match de ce calibre doit aussi se préparer à l’économie, pour cracher son venin au bon moment.
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Source Rugbyrama
