Le CO n’a pas été en mesure de rivaliser face à La Rochelle. L’indiscipline de la première mi-temps et les soucis en mêlée fermée ont facilité les choses pour des Rochelais en quête de confiance.
L’essentiel
Sans son capitaine blessé en début de partie, privé de ballon, énormément pénalisé, en dépit d’une réaction tardive le Castres Olympique, n’a pas été en mesure de rivaliser avec un Stade Rochelais pourtant peu réaliste.
Le fait
Les enjeux étaient tels qu’on a pu observer une tension inhabituelle tout au long de cette partie. D’abord un accrochage dès la 2e minute, Monsieur Cayre a usé de prévention, mais après une première période houleuse lorsqu’une nouvelle empoignade se produit dans l’en-but castrais après l’essai Rochelais, l’arbitre met la main à la poche : jaune pour Urdapilleta et Danty. Le CO se retrouve à 13 Guillamon avait déjà été exclu auparavant, et La Rochelle à 14. Nouvelles menaces arbitrales à la 50e lorsque Vanverberghe et Gourdon se chambrent en touche. Chambrages et accrochages n’ont pas embelli la partie.
La discipline
Elle a coûté cher au Castres Olympique, outre les cartons, le CO a offert 9 pénalités aux Rochelais en première période et 5 en deuxième.
Même s’ils ont été davantage pénalisés après la pause, les locaux avaient pu engranger les points leur ouvreur Pierre Popelin, leur conduite du jeu a été plus sereine avec un tableau confortable.
La mêlée
Nous avions envisagé que le combat des packs en mêlée fermée serait déterminant. Ce fut le cas. Dès le premier rendez-vous dans ce secteur La Rochelle a mis la pression sur les avants tarnais et a obtenu une pénalité sur la ligne des 22 pour ouvrir le score. Sur la deuxième c’était un simple coup franc qui a rendu la balle aux locaux. Juste avant la pause, consécutivement à une rafale de fautes, Monsieur Cayre a vu jaune pour Antoine Guillamon.
Les coups durs
On connaît son ardeur au combat, ses capacités mentales et aussi sa bonne communication avec les arbitres. Aussi, il est absolument certain que la blessure de Mathieu Babillot touché à l’arrière de la cuisse droite dès la 9e minute a été un handicap pour le collectif castrais. Kevin Kornath a remplacé Babillot sur le flanc de la mêlée, et Julien Dumora a fait le job de capitaine. On a aussi vu Antoine Guillamon touché à l’épaule à la 12e. Le pilier droit du CO est resté sur le terrain, mais cela n’a pas dû faciliter sa tenue pour la suite.
La touche,
Brendan Le brun a été mis en confiance lors de son premier lancer et il n’y a rien à lui reprocher en ce domaine où le CO a assuré globalement la conquête. Sauf à un moment clé du match, à la 56e minute alors que les Castrais étaient dans une phase de domination et avaient une belle occasion dans les 5 m rochelais, le ballon a été égaré dans l’alignement. Dommage, vu la tournure de la partie en fin de match.
Les hommes
Du côté de la Rochelle, l’ouvreur Pierre Popelin a réalisé une très bonne prestation, au pied pour alimenter le tableau mais aussi dans l’animation du jeu. Pierre Bourgarit s’est distingué lors du premier essai et a été à la pointe du combat, tout comme Grégory Alldritt. Au sein du collectif castrais, comme d’habitude Tom Staniforth a fait souffrir le rideau adverse.
Jérémy Fernandez est également à créditer une bonne partie. Le jeune demi de mêlée n’a pas fauté à la distribution, il a été présent en défense et a trouvé de belles touches au pied pour sortir de son camp. Ben Nicholas s’est montré à son avantage, et puis, le chasseur d’essai Thomas Combezou s’est une nouvelle fois illustré en inscrivant le seul essai du CO au milieu des avants.
Le tour d’honneur de Pierre Aguillon
Le trois-quart centre du Castres Olympique ne s’attendait pas à vivre un tel retour à La Rochelle, lui qui avait quitté le club sur une blessure qui lui avait fait manquer les grosses échéances de fin de saison. Hier, à l’annonce de la composition des équipes, son nom a été applaudi par les 16 000 poitrines qui avaient pris place dans un stade Marcel-Deflandre à guichets fermés pour la cinquante-huitième fois consécutive.
Quand Pierre Aguillon est sorti à l’heure de jeu, remplacé par un autre ancien rochelais, Thomas Combezou, il a été ovationné comme rarement. Et, au terme de la rencontre, lorsque les Rochelais ont entamé un tour d’honneur pour célébrer leur victoire, Pierre Aguillon entamait lui aussi un autre tour d’honneur pour remercier le public de son accueil.
« Un moment assez magique »
En zone mixte, il a fallu l’attendre longtemps tant il était pris par les nombreuses sollicitations. « Je suis d’abord sorti car on n’était pas allé saluer les supporters castrais présents dans les tribunes et le public rochelais m’a demandé un tour d’honneur. J’avais les mollets qui tiraient, mais c’était un moment assez magique. Cela m’a fait chaud au cœur, c’était beaucoup d’émotion et beaucoup de plaisir. Ce match, il m’aurait fallu une jambe fracturée pour le rater. En fin de saison dernière, ce plaisir m’avait été enlevé par ma blessure et c’est un plaisir que je n’avais pas eu à ce moment. Cela m’a fait bizarre de retrouver le stade, l’environnement, mais sinon, il n’y a que le maillot de l’équipe qui a changé… »
Le Gersois, débauché à l’intersaison par son « compatriote » Pierre-Henry Broncan, a passé six ans à La Rochelle. Il a comptabilisé 127 feuilles de match et inscrit 125 points. De quoi marquer les esprits en Charente-Maritime. « Ce public a de la mémoire, il reconnaît les siens et cela ne me surprend pas », appréciait David Darricarrere.
Julien Dumora était tout aussi impressionné par cet accueil. « On connaît bien la ferveur autour de cette équipe. C’est bien pour Pierre, mais je pense qu’il aurait préféré une autre issue… »
C’est vrai que le revers du CO a jeté un froid. Mais Pierre Aguillon, à la recherche de temps de jeu et de plaisir après sa blessure, aura d’autres occasions de prendre sa revanche.
