in ,

Reprise des championnats amateurs de rugby : les clubs du Tarn-et-Garonne s’interrogent

La fĂ©dĂ©ration française de rugby (FFR) a dĂ©cidĂ© de trancher le vendredi 26 fĂ©vrier sur la poursuite ou pas des championnats amateurs. AprĂšs de longs mois d’arrĂȘt les avis sont contrastĂ©s pour les clubs tarn-et-garonnais de FĂ©dĂ©rales et de sĂ©ries. Le Covid a en effet complĂštement chamboulĂ© le monde sportif. AprĂšs un arrĂȘt total, les entraĂźnements sont de nouveau autorisĂ©s mais en respectant des rĂšgles draconiennes. Mais sans perspective de reprise, certaines Ă©quipes ont dĂ©cidĂ© de ne pas s’entraĂźner, et si l’on rajoute le couvre-feu, force est de constater que les situations des clubs sont pour le moins contrastĂ©es.

“Mettre toutes les chances de notre cĂŽtĂ© en faveur d’une potentielle reprise des compĂ©titions reste la prioritĂ© de notre institution. Cette prise de dĂ©cision, qui pourrait ĂȘtre heureuse ou difficile concernant la saison 2020-2021, tiendra compte de notre objectif Ă  moyen terme : repartir sur une saison normale en 2021-2022. Nous osons espĂ©rer que le plus dur est derriĂšre nous et que les passionnĂ©s de rugby pourront retrouver le plus vite possible ce sport que nous aimons tant. Aujourd’hui et Ă  chaque instant, la FFR reste au soutien de tous nos licenciĂ©s et tous nos bĂ©nĂ©voles”, a expliquĂ© le prĂ©sident de la fĂ©dĂ©ration française Bernard Laporte. Alors, avant le verdict dĂ©finitif de la FFR, les avis sont trĂšs partagĂ©s, entre ceux qui aimeraient bien reprendre et d’autres presque rĂ©signĂ©s en une saison blanche.

En FĂ©dĂ©rale 1, Valence-d’Agen veut une prĂ©paration suffisante quand Castelsarrasin n’y croit pas

“La situation est complexe mais Ă  un moment donnĂ© il faut ĂȘtre honnĂȘte avec soi-mĂȘme et avec les autres, analyse la coprĂ©sidente du club valencien GeneviĂšve Becker. Une reprise ne pourra pas se faire sans certaines conditions et la principale c’est que les clubs puissent reprendre les entraĂźnements avec contact au moins 4 ou 5 semaines pour protĂ©ger nos joueurs. Cette prĂ©paration est obligatoire. À cette condition nous serions favorables Ă  une reprise mĂȘme si certains clubs ne veulent pas assumer le huis clos. Car le huis clos semble ĂȘtre une Ă©vidence vue la situation sanitaire actuelle et la vaccination en cours de dĂ©veloppement.

Tout le monde souhaite le retour du public. L’économie d’un club amateur repose essentiellement sur les recettes partenaires, des abonnĂ©s, du public, des buvettes
 Ce serait un manque Ă  gagner important. Il faut nous faire confiance, on sait prendre des mesures pour accueillir le public. Le sanitaire reste la prioritĂ©, l’économie vient aprĂšs, mais il y a aussi le psychologique et le lien social. MĂȘme pour nos joueurs, Nous souhaitons que l’on s’inspire du National qui a repris avec l’obligation hebdomadaire de passer des tests PCR, ils sont gratuits ?, et un encadrement sanitaire strict. AprĂšs, si on doit finir la saison entre clubs qui le peuvent pourquoi pas
 Qu’on nous le dise vite mais ça n’est pas la meilleure solution. Maintenant nous restons attentifs Ă  la suite. Il faut un championnat attractif, par respect pour tout le monde, les partenaires et le public”.

“Les dĂ©lais sont trop courts”

“Une reprise pour le 14 mars semble vraiment trĂšs voire trop compliquĂ©e Ă  rĂ©aliser, grimace le prĂ©sident castelsarrasinois Philippe Bertrand. Les dĂ©lais sont trop courts pour pouvoir vraiment reprendre dans de bonnes conditions et avec une certaine Ă©quitĂ©. Un retour au championnat semble inenvisageable mais pourquoi par un retour Ă  la compĂ©tition pour essayer de sauver les meubles. On parle de l’organisation d’un challenge avec des poules gĂ©ographiques. Nous y serions favorables mais dans ce cas il faudrait le faire aux beaux jours et dans des conditions intĂ©ressantes pour tout le monde, avec du public, la possibilitĂ© d’accueillir nos partenaires, l’accĂšs aux vestiaires…”.

Fédérale 2 : ni oui ni non à Beaumont-de-Lomagne, pourquoi pas à NÚgrepelisse

NĂšgrepelisse veut aussi le retour du public.
NĂšgrepelisse veut aussi le retour du public.
DDM – GĂ©rard SĂšnes

Pour David Auguste, prĂ©sident du Stade beaumontois, “il est Ă©vident que nous souhaiterions tous pouvoir simplement rejouer ; quant Ă  savoir sous quelle forme
 Je pense qu’à ce jour, ce qui va dĂ©terminer la formule c’est la date Ă  laquelle nous reprendrons, ce qui est une grande inconnue dont la variable est l’épidĂ©mie. Du coup, je ne vois pas vraiment l’intĂ©rĂȘt de se positionner sur une ou l’autre des formules de reprise mais plutĂŽt sur l’envie et le besoin pour chacun d’entre nous de revenir Ă  une vie normale et pouvoir pratiquer notre sport ; mais ça, c’est une banalitĂ©. En conclusion, en l’état actuel des choses (Ă©pidĂ©mie toujours aussi active), la position du SBLR est : ok pour une reprise, peu importe la formule, mais en priorisant l’intĂ©gritĂ© physique des pratiquants et de l’ensemble des parties prenantes.”

L’incertitude est aussi prĂ©sente pour Jean Balat, le coprĂ©sident du SC NĂšgrepelisse : “Dans la mesure oĂč la situation sanitaire est malheureusement loin d’ĂȘtre finie, je vois mal comment on pourrait reprendre la compĂ©tition, dĂ©but avril en ayant participĂ© Ă  4 entraĂźnements selon le protocole de reprise. Mais je n’ai pas dit que j’étais contre, je suis Ă©ventuellement favorable mais pour cela Il faudrait tout remettre en marche, vestiaire, public, buvette, repas d’avant match au moins pour les joueurs. Je suis, quand mĂȘme, sceptique et je me pose la question : devra-t-on vraiment jouer les nombreux matchs en retard ? Pour notre part nous avons des rencontres lointaines (Prades, Millau, Gruissan, ArgelĂšs), si le couvre-feu perdure cela me semble difficile de s’y rendre. Je suis en revanche favorable si, comme je le dis plus haut tout est rĂ©activĂ©, Ă  des tournois pour meubler cette fin de saison avec toutefois des clubs pas trop loin de NĂšgrepelisse, comme Gaillac
”.

En FĂ©dĂ©rale 3, Caussade votre contre quand Moissac s’inquiĂšte de l’Ă©quitĂ©

L'Avenir moissagais craint des soucis d'effectif
L’Avenir moissagais craint des soucis d’effectif
DDM – Jean-Marc Barloy

“L’avis est partagĂ© par les joueurs, le staff et les dirigeants : nous ne sommes pas favorables Ă  une reprise des championnats dans les conditions actuelles, tranche Jean-Marie Durant, le prĂ©sident de Caussade. Nous n’avons pas de perspectives de sortie de ce qui ne s’appelle pas un confinement mais qui y ressemble puisque l’on ne peut pas s’entraĂźner normalement. Si le 26 fĂ©vrier, la dĂ©cision choisie est la reprise des compĂ©titions, il nous faudrait six semaines d’entraĂźnement avant de jouer pour Ă©viter les blessures en cascades. Cela nous donnerait une reprise vers la fin avril. On pense que l’on ne doit pas reprendre et se prĂ©parer pour la saison prochaine. C’est ce que nous avons fait remonter au comitĂ© rĂ©gional lors du sondage qu’il a organisĂ©. La reprise serait encore plus compliquĂ©e pour l’équipe rĂ©serve sans aucun objectif sportif. Il serait mieux si cela est possible de jouer plutĂŽt que de reprendre le championnat, organiser des tournois avec les clubs voisins. Je n’ai pas de crainte qu’à la reprise des joueurs privĂ©s de jeu partent la saison prochaine. Nous avons pour ambition de crĂ©er une Ă©quipe Espoirs dĂšs la saison prochaine.”

StĂ©phane Biargues, prĂ©sident de l’Avenir moissagais, se pose la question de l’Ă©quitĂ© sportive pour la fin de saison : “Admettons que la dĂ©cision soit favorable ; il nous faudra alors six Ă  huit semaines pour se remettre Ă  niveau ce qui fait un retour Ă  la compĂ©tition fin mars dĂ©but avril. Il nous restera alors trĂšs peu de temps pour organiser une compĂ©tition qui tienne la route ; nous n’avons jouĂ© que trois rencontres quand d’autres clubs en ont jouĂ© sept ou huit. Comment peut-on dĂšs lors partir sur un pied d’égalitĂ© en ce qui concerne les montĂ©es et les descentes. Mais ce qui me prĂ©occupe le plus ce sont les effectifs de joueurs. Quand tu arrĂȘtes de jouer et de t’entraĂźner Ă  la mi-octobre les joueurs se sont habituĂ©s Ă  faire autre chose et/ou Ă  vivre sans rugby et ce sera d’autant plus difficile de les rĂ©cupĂ©rer pour les motiver et les faire jouer d’autant qu’il faudra beaucoup de joueurs car le risque de blessures en phase de reprise est important, c’est comme une intersaison”.

Les clubs de séries territoriales entre espoir, pessimisme et résignation

Les Bressolais avaient accueillis le Racing Montauban en septembre 2020.
Les Bressolais avaient accueillis le Racing Montauban en septembre 2020.
DDM – Dominique Flatard

Les quinze jours de réflexion supplémentaire peuvent-ils réellement changer la situation ? Du cÎté des clubs de séries territoriales, force est de constater que là aussi les situations divergent.

Karen Rey, la coprĂ©sidente de Lauzerte Quercy Pays de Serres (Honneur) explique : “Le gouvernement doit faire face Ă  une pandĂ©mie et trouver des solutions pour protĂ©ger la population de ce flĂ©au. La pratique de notre sport vient ensuite mais le club est tout disposĂ© Ă  poursuivre la saison. Nous verrons bien les dĂ©cisions qui seront prises dans les jours qui viennent”.

Son homologue de l’ AS Bressols GĂ©rard Gorli abonde dans ce sens et lui aussi souhaite reprendre mais dans des conditions normales “avec du jeu normal et des contacts, l’utilisation des vestiaires et du public dans les tribunes. Mais de ce cĂŽtĂ© cela n’est pas gagnĂ© d’avance car cela implique une vaccination massive de toutes les personnes actives ou passives qui gravitent autour ou dans un stade lors d’un Ă©vĂ©nement rugbystique et c’est impossible Ă  l’heure actuelle donc on peut redouter une nouvelle saison blanche”.

Le prĂ©sident du Racing Montauban Jean-François Garrigues (Honneur) s’avoue de son cĂŽtĂ© particuliĂšrement pessimiste : “Lors de la reprise nous avions dĂ©cidĂ© de ne pas remettre les joueurs Ă  l’entraĂźnement car c’était trop compliquĂ©. Avec le couvre-feu les choses ne se sont pas arrangĂ©es. Nous faisons confiance aux joueurs de s’entretenir physiquement et j’en ai vu quelques-uns derniĂšrement, ça Ă  l’air d’aller (sourire). Pour ce qui est de la suite, je pense que la meilleure solution pour tout le monde serait une saison blanche. Bien sĂ»r, les Ă©quipes qui ont bien commencĂ© la saison vont lĂ©gitimement se sentir lĂ©sĂ©e mais je rĂ©pĂšte que cette situation est totalement inĂ©dite. Reprendre la saison le 1er avril est une fausse bonne idĂ©e. J’espĂšre simplement que les joueurs pourront quand mĂȘme retrouver le terrain, peut-ĂȘtre pour des rencontres amicales histoire de se retrouver et garder le contact. Et pourquoi pas organiser des tournois de rugby Ă  sept cet Ă©tĂ©”.

“On se dirige vers une seconde saison blanche”

Au-delĂ  d’envisager la reprise dans les semaines qui viennent Philippe BouĂ©, le prĂ©sident de l ‘US Finhan veut voir plus loin : “On joue dĂ©jĂ  gros sur le prochain exercice 2021-22 car le nombre de joueurs va baisser entre les anciens qui ne voudront plus faire d’efforts et les jeunes qui iront ailleurs faire autre chose. Il faut se servir de cette longue pĂ©riode de rĂ©flexion pour se pencher sur les compĂ©titions, les rendre plus attrayantes, rĂ©gler la participation des Ă©quipes rĂ©serves, les compĂ©titions de jeunes et organiser des challenges ou des compĂ©titions dĂ©partementales. Jouer c’est important mais renouer le lien social, ĂȘtre ensemble, manger, partager c’est aussi un mode de vie qu’il nous faut retrouver voir redĂ©couvrir “.

Aux Coquelicots montĂ©chois le manager Norbert Meesseman n’avoue pas son immense optimisme : “Je pense malheureusement qu’on se dirige vers une seconde saison blanche d’affilĂ©e car on manquera de dates disponibles pour le format de compĂ©tition initialement envisagĂ©. La commission des Ă©preuves va nous pondre quelque chose d’inĂ©dit pour pouvoir au moins jouer mais le gros problĂšme des clubs sera aussi et surtout de trouver suffisamment de joueurs et ça, ce n’est pas inscrit dans le marbre car il faut d’abord se prĂ©parer se rĂ©athlĂ©tiser tout en Ă©vitant les risques de blessures. En dĂ©but de saison le club avait expĂ©rimentĂ© les Boucliers d’Occitanie, c’est une voie envisageable”.

Lire la suite…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GIPHY App Key not set. Please check settings

Nicolas CrubilĂ©, entraĂźneur Ă  Castelsarrasin et auteur de “Rebonds Gascons” : “Lorsque je parle de rugby, j’oublie mon fauteuil”

L’école de rugby de l’ US Montauban labellisĂ©e trois Ă©toiles