
Opposés aux redoutables Northampton Saints en quart de finale de Champions Cup, les Castrais devront tout faire pour empêcher les Anglais de donner de la vitesse à leur jeu, qui les rend si dangereux offensivement.
Phase finale de Champions Cup oblige, toutes les équipes encore en lice peuvent être considérées comme dangereuses. Et les Northampton Saints, qui recevront le Castres olympique ce week-end ne dérogent pas à la règle. Et n’allez pas accorder trop de crédit à leur triste huitième place provisoire (sur dix) dans le championnat anglais avec cinq victoires pour huit défaites. Bien que décrochés en Premiership, les Saints n’en restent pas moins redoutables et les Clermontois en ont fait les frais la semaine dernière en se faisant éliminer à Franklin’s Garden sur le score sans appel de 46 à 24.
Les Auvergnats, et notamment l’entraîneur des trois-quarts Frédéric Charrier étaient pourtant bien conscients de la qualité de l’adversaire : « Quand nous avons étudié cette équipe, nous nous sommes rendu compte qu’ils avaient perdu quelques joueurs de leur pack – et notamment le deuxième ligne David Ribbans parti à Toulon – qui limite leur profondeur d’effectif. Résultats, les remplaçants sont devenus titulaires et sont un peu moins performants. Les entraîneurs ont moins de latitude pour faire tourner. Donc ils ont plus de difficulté à enchaîner les bons résultats comme ils l’ont fait l’année dernière, jusqu’à leur titre. »
Alex Mitchell, le poison des pénalités jouées vite
Voilà pourquoi les coéquipiers d’Alex Mitchell comptent bien tout donner sur la scène européenne, à l’image de leur performance contre l’ASMCA : sept essais inscrits, dont un triplé pour le seul ailier du XV de la Rose Tommy Freeman. Leur arme fatale ? La vitesse : « C’est vrai que c’est une équipe qui va chercher en permanence à trouver de la vitesse, à mettre du rythme, à laisser le ballon sur le terrain », analyse Charrier, « À chaque fois que l’on a été en danger et où l’on a pris des essais, c’était sur des ballons de transition où l’on manquait de précision pour sortir de notre camp. Là, on a pris des contre-attaques terribles. L’autre exemple qui me vient en tête, c’est sur une attaque où Bautista Delguy arrive à cinq mètres de leur ligne. Le ballon sort n’importe comment, ils le récupèrent, tapent très loin devant et mettent la pression dans le ruck. On prend une pénalité, ils la jouent vite et après deux séquences ils marquent. Le genre d’essai qui te coupe les pattes. »
Ce qui nous amène à un autre aspect du jeu des Saints, les pénalités jouées vite. C’est la spécialité de leur demi de mêlée, l’international anglais Alex Mitchell qui joue un rôle prépondérant dans l’animation offensive des Saints : « C’est lui qui va trouver l’alternance du jeu autour des rucks, où il anime beaucoup le jeu. Il n’hésite pas à aller dans le côté fermé et adore jouer des pénalités vite. Proche des lignes aussi, ça joue beaucoup autour de lui. » L’autre spécialiste pour jouer rapidement les pénalités est celui que l’on présente comme le nouveau prodige du rugby anglais, le jeune flanker Henry Pollock : « Comme il colle constamment au ballon, il est toujours bien placé pour le faire. C’est d’ailleurs lui qui a joué vite sur le deuxième essai que l’on a encaissé, et l’on voit bien que cette équipe est constamment à l’affût de cette opportunité », explique le technicien clermontois.
Rucks ou pas rucks ?
Alors, que faire pour empêcher ces maudits Saints d’accélérer le jeu ? « Déjà, être discipliné pour ne pas leur offrir ces pénalités et la possibilité de les jouer vite. Ensuite, il faut arriver à avoir un maximum de maîtrise dans le jeu pour arriver à faire en sorte qu’ils ne bénéficient pas de ces deuxièmes ballons où tu n’es pas organisé et où ils parviennent à trouver de la vitesse. Les charnières castraises auront un grand rôle à jouer dans le contrôle du jeu : déjà pour trouver les touches, mais surtout sur le fait de ne pas rendre de ballons facilement, et utiliser des jeux au pied de pression pour inverser la tendance. »
L’autre secteur qui sera déterminant sera bien sûr le jeu au sol, où les Castrais devront faire un choix : batailler dans les rucks pour tenter de ralentir les sorties de balles ou les abandonner pour renforcer le rideau défensif ? « Le problème c’est que si tu ne batailles pas dans les rucks, ils ne vont avoir que des ballons rapides. Et comme c’est une équipe qui veut avoir la possession, qui a une charnière très talentueuse ils vont trouver de l’avancée, te mettre sous pression et tu vas faire des fautes. Donc ce n’est pas possible. » Et encore une fois, tout sera une question d’équilibre : « D’abord, il faudra être fort dans les duels pour qu’ils ne gagnent pas trop d’avancée. Et ensuite, il faudra trouver l’équilibre entre s’engager dans les rucks pour tenter de les ralentir sans consommer trois ou quatre joueurs. » Bref, rien de simple, mais une qualification en demi-finale de Champions Cup est un honneur qui se mérite.
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Source Rugbyrama
