
Avec l’absence de Nicolas Depoortere, Yoram Moefana est utilisé en tant que second centre au sein de la ligne arrière de l’UBB. Une position qui change sa façon de jouer.
Non, Yoram Moefana n’est pas qu’un taureau, prêt à foncer tête baissée dans les défenses pour exploser des rideaux défensifs et gagner du terrain. Notamment en raison de son rôle de premier attaquant en équipe de France, le centre est trop souvent vu comme un joueur au profil unidimensionnel. « Il a des qualités de puissance mais il a aussi des capacités techniques, rappelle Gaël Fickou, qui a été associé à lui lors du dernier match du Tournoi des 6 Nations. C’est un très grand joueur qui fait partie des meilleurs aujourd’hui. » Le replacement de Moefana en tant que second centre sur les derniers matchs de l’UBB confirme à quel point le Néo-Calédonien de naissance est un joueur complet. En raison de la blessure de Nicolas Depoortere face à Toulouse, le neveu de Sipili Falatea enchaîne les titularisations avec le numéro 13, ce qui n’est pas sans changer son jeu.
« À l’UBB, avec McNamara qui est friand des animations et des lancements de jeu préétablis, il est possible d’utiliser Yoram différemment selon les stratégies, remarque Laurent Labit, qui a été son entraîneur à ses débuts avec le XV de France. Quand il évolue avec Rohan Janse van Rensburg, il peut être utilisé en tant que deuxième point d’ancrage, puisqu’avec sa qualité de passe après-contact, il peut jouer derrière la défense. On peut aussi s’en servir comme d’un passeur. Maintenant que tout le monde commence à le connaître, il peut fixer le défenseur et déplacer le ballon. Yoram sait tout faire et il devient d’autant plus dangereux en 13, où il y a de l’espace, quand on connaît sa qualité de duel. » La deuxième solution a été largement utilisée face au Racing 92 et à l’Ulster, où le centre a été un véritable relais offensif, beaucoup plus dans l’animation que dans la pénétration. Il n’y a qu’à revoir l’essai refusé à Uberti face au Racing (51e), celui accordé à Louis Bielle-Biarrey (60e) ou encore les réalisations de Coleman (21e) et de Buros (41e) contre l’Ulster pour s’en apercevoir.
Davantage dans l’analyse du jeu
Avec des profils tels que van Rensburg et Tapuai à son intérieur, Moefana est aussi davantage utilisé dans les deuxièmes ou troisièmes temps de jeu, surtout que l’UBB ne perd en général pas trop de temps ballon en main. « Un second centre est davantage axé sur la vitesse et l’analyse, détaille Fickou. En défense, c’est plus complexe que premier centre. Il y a une adaptation à avoir. Yoram a les qualités pour jouer aux deux mais je le trouve plus pertinent en tant que premier centre parce qu’il est très percutant. » N’oublions pas non plus qu’à ses débuts, Moefana était beaucoup titularisé à l’aile, où sa vélocité lui permettait de faire la différence. Celle-ci lui est très utile lorsqu’il arbore le numéro 13 et qu’il doit choisir entre le duel et la transmission.
« Grâce à ses jambes et son train moteur assez puissant, il est capable de gagner ses un contre un, reconnaît Labit. Yoram est un jeune joueur, il a progressé dans sa lecture de jeu. Son gros progrès a surtout été d’être consistant. » Son apport en second centre est aussi intéressant au niveau défensif, comme le souligne l’ancien entraîneur du Stade français : « L’impact physique qu’il met avec le ballon, il est forcément capable de le mettre sans le ballon. Il peut progresser encore dans le grattage mais là où il est efficace, c’est dans ce qui est la marque de fabrique des Bordelais : les contre rucks sur les extérieurs. Il est très bas et quand il prend un bon point d’ancrage, il est capable de faire exploser le ruck adverse et de récupérer le ballon. » Qu’il soit 12 ou 13, Moefana reste donc un sacré poison.
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Source Rugbyrama
