
Euphoriques de leur victoire à La Rochelle en huitième de finale, les Munstermen se déplacent samedi à Chaban-Delmas avec l’ambition de jouer une nouvelle fois les trouble-fêtes. Même si les Irlandais en sont conscients, il leur faudra une performance d’un niveau encore supérieur pour se qualifier pour le dernier carré.
Battu à Castres et à Northampton en phase de poules, en crise en octobre avec une douzième place inquiétante en championnat provoquant le départ de l’entraîneur Graham Rowntree, pas grand monde ne misait sur cette équipe à l’heure de pronostiquer les huitièmes de finale. Et pourtant, en enfonçant encore un peu plus La Rochelle et, par la même occasion, la légende locale Ronan O’Gara, voilà le Munster présent dans le top 8 européen pour la 20e fois depuis 1995, et une première depuis 2022.
Cette Red Army-là n’a peut-être pas la grandeur de ses grandes années et des deux titres de champions d’Europe en 2006 et 2008, mais on ne peut pas reprocher aux hommes de Beirne, Crowley et Murray de manquer de bravoure et de dévouement. S’imposer à Deflandre en Champions Cup est toujours une mission délicate, quand bien même les Rochelais ne ressemblent plus vraiment à l’équipe doublement sacrée en 2022 et 2023. « Nous ne voulons pas nous contenter d’un seul match, nous en voulons trois autres. Cette victoire restera comme l’une des plus belles, mais cela n’aura pas d’importance pour nous si nous ne réalisons pas une bonne performance à Bordeaux », expliquait cette semaine ce diable de Tadhg Beirne.
Objectif récupération !
Pas prévu à ce stade de la compétition, la province ne veut pas se fermer de porte et ne partira pas vaincu au moment d’affronter l’Union Bordeaux-Bègles à Chaban-Delmas, une équipe qu’elle n’a jamais affrontée dans sa longue et prestigieuse histoire européenne. Comment se prépare-t-elle, d’ailleurs, à défier les Girondins ? Après une qualification bien fêtée avec l’ensemble des supporters, dont au moins 2000 s’étaient déplacés à La Rochelle, le Munster est rentré lundi à sa base de Limerick pour lancer une courte semaine.
Mardi, l’entraînement a été allégé et, mercredi, les guerriers du week-end passé ont aussi pu bénéficier d’une journée de repos. Ce qu’il faut comprendre dans ce programme, c’est que le staff irlandais a clairement choisi d’adoucir sa méthode, et de privilégier la récupération en vue du quart de finale. « Le défi se joue sur deux fronts principaux : celui mental et physique, avouait d’ailleurs cette semaine l’entraîneur de la défense Denis Leamy, dans des propos rapportés par l‘Irish Independent. Ce qui est important, c’est de déterminer ce que nous pouvons contrôler dans les deux prochains jours en termes de charge d’entraînement, de temps de réunion, de nombre de fois où nous ferons venir les joueurs. Toutes ces choses sont probablement cruciales pour déstresser les gars et les décharger un peu. »
Nous savons exactement comment nous voulons jouer
Le huitième de finale à La Rochelle fut exigeant physiquement, entre dur combat physique et finish épuisant, aussi bien pour les têtes que les corps. Aussi, l’effectif du deuxième club le plus important du pays ne peut pas compter sur un réservoir de joueurs et de cadres aussi conséquent que leur futur adversaire français. L’objectif est donc de s’économiser le plus possible pour arriver à Chaban frais, et en mesure de tenir la distance sur 80 minutes. Pour tous, l’objectif est assumé : retrouver le dernier carré de la compétition, une première depuis la saison 2018-2019. « Nous abordons les moments essentiels de notre saison, qui a déjà été longue, confiait Leamy. Mais nous savons exactement comment nous voulons jouer et ce que nous voulons faire à Bordeaux. Il s’agit maintenant de les mettre en place, et la fraîcheur des corps et des esprits est ce que nous recherchons pour obtenir cette performance. »
L’ancien troisième ligne l’assure : son Munster en a encore sous le capot, et les Bordelo-Béglais seraient clairvoyants de se méfier de cette équipe expérimentée qui n’aura rien à perdre dans un contexte hostile. « Je pense que les garçons sont en pleine forme et tous les signes indiquent que nous allons réaliser une grande performance », concluait le natif de Tipperary. Pour rappel, la dernière fois que les Irlandais ont disputé un quart de finale de Champions Cup, c’était face au Stade toulousain le 7 mai 2022. Ce jour-là, les deux équipes s’étaient départagées lors d’une improbable mais mythique séance de tirs au but, remportée par les Toulousains au bout du suspense. Pour un scénario pareil, et toujours à l’avantage du club français, on signe immédiatement !
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Source Rugbyrama
