C’est le tube de l’hiver et, sûrement, de bien d’autres saisons à venir : Louis Bielle-Biarrey a acquis un niveau de performance et une notoriété de très haut vol ces derniers mois. Focus sur la nouvelle dimension prise par l’Isérois d’origine, à 21 ans seulement.
Dans la déroutante, fulgurante trajectoire de Louis Bielle-Biarrey, il y aura assurément un avant et un après Tournoi 2025. Cet hiver, l’Isérois d’origine s’est adjugé le premier trophée de sa carrière, a battu le record d’essais dans l’histoire des 6 Nations et a basculé dans une autre dimension en termes de notoriété. On peut sans sourciller parler de phénomène « LBB », identifié par des millions de suiveurs comme le prodige au casque rouge, aux sprints fous et aux stats tout aussi dingues : « Derrière Antoine Dupont, c’est devenu le joueur qui a le plus de résonance médiatique, que l’on sollicite le plus, note Jérôme Chabran, celui qui l’a découvert en octobre 2020 et qui lui sert de conseil. On en parle un peu partout, y compris dans les médias généralistes. On doit être à presque une centaine de sollicitations, tout confondu, depuis la tournée de novembre dernier. »
À la fois joueur et gendre idéal, le Bordelais rallie tous les suffrages : « Au-delà du fait qu’il batte des records et que son style de jeu soit plaisant, il présente bien et il sait communiquer, aussi bien en bord de pelouse que sur les plateaux télés, décrit l’agent sportif de la société Projexa, qui a servi d’intermédiaire pour son arrivée à Bordeaux-Bègles à l’été 2021. Et ce n’est pas qu’un joueur de rugby. Il se construit aussi une vie d’adulte avec des études en parallèle. Cela fait autant de gros arguments à même de lui permettre de durer. »
Des réunions hebdomadaires avec ses parents
Durer : là est tout l’enjeu pour l’ailier de 21 ans, fort de 18 essais en 19 sélections. Si son histoire et sa gloire s’écriront avant tout sur les terrains, tout ce qui gravite autour de sa personne constitue une part de l’équation. Chacun en est conscient dans son entourage, à commencer par l’intéressé. Récemment, tout a été pensé, repensé au niveau de son écosystème pour intégrer ces questions : « Il y a une petite cellule, informelle, qui s’est mise en place autour de lui afin de l’accompagner sur les aspects partenariats, finances, marketings et de lui permettre de se focaliser sur la partie rugby, explique Jérôme Chabran. Chaque semaine, avec ses parents, on fait un point sur tout ce qui a trait au quotidien de Louis. » Pour le volet médiatique, potentiellement chronophage, « nous avons décidé de travailler avec l’agence d’image 4 Success, explique cet ancien joueur et entraîneur basé à Aix. Cette société fait le travail de terrain. Nous, avec les proches, on organise des réunions puis on fait des présentations succinctes des opportunités à Louis pour qu’il ne perde pas de temps. À l’arrivée, c’est lui qui a le dernier mot. »

Il va devoir aller contre sa nature
Une parole qui a de plus en plus de poids. Et que le joueur entend distiller à bon escient : « Ce qui me fait halluciner, ce sont toutes les sollicitations hors médias spécialisés. Il y a même une émission télé à une heure de grande écoute qu’on a refusée ! Mais on ne dit pas « non » pour le plaisir de dire « non », c’est juste qu’on ne veut pas tomber dans des excès. La stratégie est affirmée : on préfère communiquer bien plutôt que beaucoup, en optant pour des sujets qui lui tiennent à cœur et qui lui parlent. »
Si son monde s’est considérablement élargi ces derniers mois, Louis Bielle-Biarrey garde pour l’heure les pieds sur terre : « Il est posé, serein malgré toute l’agitation et les émotions des derniers mois. Il peut notamment compter sur un milieu familial bienveillant et vigilant. Mais lui qui aime tout faire à 200 % va devoir aller contre sa nature en apprenant à se préserver. L’an prochain, alors qu’il sera dans sa dernière année de contrat espoir, il va sûrement falloir aménager son planning. Actuellement, sur son seul vrai jour de repos, il passe toute la journée à l’école de commerce. » Où « LBB » va de moins en moins passer inaperçu, inévitablement. Une des rançons de la gloire. Comme celle de susciter toujours plus d’attentes. Ce qui risque de s’accentuer dans les jours à venir avec sa probable/plausible élection comme meilleur joueur du Tournoi 2025 : « J’ai l’impression qu’il n’a pas de limite, que rien ne le freine, se projette Jérôme Chabran. À chaque fois qu’un nouveau défi se présente, il hausse le curseur. » À 21 ans, rappelons-le, ça ne fait que commencer.
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Source Rugbyrama
