
Les représentants de la LNR ne sont pas hostiles à trouver un compromis, ouvrant la porte au départ en tournée de joueurs « Premiums » et même à la participation de certains finalistes du Top 14. une gestion au cas par cas avec comme priorité, la santé des joueurs.
La réunion de ce jeudi débouchera-t-elle sur une impasse ? On pourrait être tenté de le penser, puisque les représentants de la LNR seraient dans leur bon droit en brandissant la dernière convention signée, tout en rappelant les propos tenus par Fabien Galthié en novembre dernier : « nous partirons en tournée à l’été 2025 en Nouvelle-Zélande sans nos premiums ».
Le truc ? Il est qu’au-delà de la pression et les prises de position de certains joueurs internationaux, une élection est depuis passée par là du côté de la LNR, le Lyonnais Yann Roubert ayant succédé à René Bouscatel. Avec, en filigrane, un programme et des prises de position volontiers plus « souples » vis-à-vis de la Fédération, susceptibles de faire évoluer la situation ? On le jurerait, oui… « Si ce comité se réunit, c’est bien pour discuter des différentes possibilités » nous a ainsi confié en off une source proche de cet épineux dossier pour lequel le nouveau président Yann Roubert ne sera pas en première ligne, soucieux de respecter les attributions de chacun.
« Didier Lacroix et Laurent Marti sont les représentants de la LNR pour discuter de la mise à disposition des internationaux avec la Fédération, c’est donc eux qui seront missionnés (aux côtés de Pierre Venayre, Laurent Travers, Pierre Mignoni, Sébastien Piqueronies et Ugo Mola, N.D.L.R.), nous a-t-on ainsi confirmé. Leur premier rôle est de réunir les managers des principaux clubs pourvoyeurs d’internationaux avant de discuter avec l’instance. Honnêtement, tous les managers et tous les présidents sont des humains, qui se rendent bien compte que c’est la chance d’une vie, quand on est rugbyman, d’aller jouer en Nouvelle-Zélande contre les All Blacks. On a bien conscience que pour certains joueurs, ça peut être l’histoire d’une vie que d’aller jouer une tournée là-bas, la dernière de l’histoire qui plus est. Donc, pour l’heure, on se refuse d’avoir une position dogmatique. »
Gestion au cas par cas
Entendez par là que les dirigeants de la Ligue, conscients que l’image du Top 14 et du rugby français passe avant tout par le rayonnement du XV de France, savent parfaitement les intérêts de cette prochaine tournée aux antipodes, qu’ils soient sportifs ou extra-sportifs. « D’une part, cela permettrait à l’équipe de France de se préparer de la meilleure des façons pour la Coupe du monde, également de rendre la pareille à la Nouvelle-Zélande qui envoie toujours sa meilleure équipe chez nous. Pour la représentativité du rugby français à l’international, c’est un vrai sujet, mais il faut bien avoir conscience que d’un autre côté, il y a l’impérieuse nécessité de prendre soin des joueurs, de leur laisser des plages suffisantes de repos. Donc, on va sans doute entrer dans de la gestion au cas par cas. »
Comprenez ici qu’au-delà du statut de « premium » des joueurs, c’est avant tout leur santé et leur temps de jeu qui pourraient être pris en compte, ainsi que le contexte des clubs dans lequel ils évoluent. Difficile en effet d’imaginer laisser partir un joueur à plus de 2000 minutes de temps de jeu, par exemple. Tout comme il semble dangereux de sélectionner quelqu’un appelé à être titulaire dans son club dès le mois d’août, parce que tel ou tel de ses partenaires sera blessé… « Mais même s’il me manque des joueurs au début de la saison, peu importe, nous glissait un manager de Top14. Tant que les choses sont claires, notamment au niveau du salary cap, on peut l’accepter. Il faut juste que les choses soient claires dès le départ. »
La possibilité d’un départ en deux vagues, avant et après la finale
Voilà pourquoi il s’agira, ce jeudi, de débattre dans l’espoir de trouver le meilleur compromis. Lequel pourrait, selon nos informations et contrairement à ce qui était prévu, résider dans le départ d’un contingent de joueurs après la finale du Top 14, alors qu’il était entendu à l’origine qu’aucun finaliste n’effectuerait le déplacement en Nouvelle-Zélande. « Avant de parler d’un départ en deux temps, il faut déjà connaître les finalistes, nous soufflait encore notre interlocuteur. Oui, il peut y avoir un Toulouse-Bordeaux, mais ça n’est pas non plus une évidence. De par l’incertitude sportive, la sélection des joueurs sera forcément quelque chose qu’il s’agira de gérer à chaud. On ne veut se fermer aucune porte, tant que l’on parvient à trouver le meilleur compromis pour tous. »
Pour rappel, la finale du Top 14 se déroulera le 28 juin, et les tests des Bleus les 5, 12 et 19 juillet. Laissant largement le temps aux finalistes de disputer les deux derniers…
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Source Rugbyrama
