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« LBB, la tortue devenue lièvre » : l'édito du lundi sur Bielle-Biarrey, un parcours riche en enseignements

Avant d’être la fusée qu’on connaît, Louis Bielle-Biarrey a dû patienter, adolescent, que son corps se développe et lui donne la pleine mesure de ses aptitudes. Un parcours qui devrait inspirer bien des jeunes joueurs.

Depuis l’été 2023, le parcours éclair de Louis Bielle-Biarrey vaut enseignement sous bien des angles. En moins de deux ans, le gamin de l’Isère a donc trimballé son casque rouge des pelouses des Espoirs à celles de la Coupe du monde avec une facilité déconcertante, enjambant les paliers comme il fend les défenses : toujours plus vite, ce qui le caractérise le plus.

À son sujet, on parle beaucoup de chiffres et de datas, dans un sport de rugby qui prend ce pli vicié et individualiste, parfois au-delà de la raison : 37,8 km/h de vitesse de pointe, huit essais pendant le dernier Tournoi des 6 Nations et 12 « implications décisives » (puisque, ô drame de la modernité imbécile, on comptabilise désormais les « passes décisives » en rugby, jusqu’à nier l’essence même de ce sport) ; 25 essais en 22 matchs cette saison et 10 pour cette seule année 2025 (7 matchs). Ça donne le tournis. Ce n’est pourtant pas ce qui nous interpelle le plus ou, tout du moins, ce qui recèle la valeur morale la plus forte : concernant sa trajectoire, qu’on présente précoce, ce fut longtemps tout l’inverse.

Un adolescent chétif sous les radars

Avant d’être météorique, l’ascension de « LBB » fut donc lente. Même insoupçonnée. Avant d’être un lièvre, Bielle-Biarrey fut une tortue. Avant la fulgurance, il y eut l’attente. Adolescent petit, même chétif, il ne faisait partie d’aucun programme d’excellence. Ni celui de la FFR, ni ceux de sa ville, Grenoble, où il ne figurait même pas parmi les pensionnaires de son sport-études au lycée, comme vous le lirez ci-contre.

C’est un message à l’attention de toute la belle jeunesse de France et plus particulièrement celle du rugby : rien n’est acquis, rien n’est écrit, rien n’est proscrit. Le rugby est le sport de tous, petits et grands, gros et maigres, aussi ceux dont la croissance prend son temps. À condition qu’on leur donne leur chance, et qu’on leur laisse le temps propre au développement de leurs pleines aptitudes.

Problème : l’urgence des ambitions n’épouse pas toujours le temps fluctuant de l’adolescence. Ce n’est pas pour autant qu’il faut tout abandonner, baisser les bras et faire une croix sur ses rêves. Tout vient à point. C’est ainsi que le jeune Louis, que rien ne prédestinait à devenir joueur professionnel de rugby avant sa quinzaine, portait déjà le maillot bleu seulement cinq ans plus tard. Pour lui, le temps s’est accéléré aussi vite que ses courses folles. Entre les deux, Bielle-Biarrey a travaillé, beaucoup. Il a grandi, aussi. Et le ciel de son destin s’est soudain dégagé, pour faire place à son soleil. Le déterminisme n’a jamais que la valeur qu’on lui donne.

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Source Rugbyrama

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