
Au sujet de la tournée en Nouvelle-Zélande, la réflexion de Fabien Galthié porte sur l’équilibre à trouver entre avantages et inconvénients à solliciter ses joueurs « Premium ». Éclairage.
Pardonnez notre grossièreté, mais Fabien Galthié a bel et bien le cul entre deux chaises. Impossible de trouver image plus parlante pour qualifier le tiraillement que le sélectionneur du XV de France doit ressentir. Après une tournée de novembre marquée par trois victoires et un succès dans le Tournoi des 6 Nations, comment ne pas rêver d’une tournée triomphale en Nouvelle-Zélande pour conclure la saison en cours, tout en ménageant autant la santé et le temps de récupération de ses joueurs que la susceptibilité de leurs clubs ?
La frontière est ténue, le dilemme cruel. « J’ai beaucoup réfléchi à ce principe des tournées qui sont, je le maintiens, ce qu’il y a de plus beau dans le rugby international, déclarait en mars dernier le patron des Bleus. Partir 4 à 5 semaines, aller vivre l’expérience, c’est magnifique. J’adore ça, nous adorons tous ça. Aller gagner une tournée en Nouvelle-Zélande, c’est énorme. » Surtout, Galthié mesure combien une telle expérience pourrait être bénéfique pour ses cadres. Jamais la génération Dupont n’a eu l’opportunité de se frotter aux dangers des rencontres disputées dans l’hémisphère Sud. Une hérésie calendaire, à deux ans d’une Coupe du monde disputée en Australie.
Former un groupe pour « marquer l’histoire » ?
Et puis, Galthié, qui aime rappeler qu’il tourne à « 80 % de victoires » depuis quelque temps déjà se doute peut-être que sans ses meilleurs joueurs, il aura du mal à se retrancher derrière ce chiffre dans les mois suivants. Sans compter que ses Bleus entameront la tournée de novembre face à l’Afrique du Sud, championne du monde en titre. De quoi laisser craindre un « quatre à la suite » des plus négatifs.
N’en jetez plus : s’il ne peut pas le dire, l’ancien demi de mêlée est convaincu de la pertinence de former le groupe le plus compétitif possible, lequel sera en capacité de « marquer l’histoire » comme il aime à le répéter. Tout comme il sait qu’il ne peut pas « jouer » avec la santé des joueurs. « Si on joue trop, on va emmener ces garçons dans une régression, disait-il après le Tournoi. J’ai vécu en tant que joueur les départs en tournée fatigué. C’était un calvaire et, à l’époque, on jouait moins. Comment fait-on pour ne pas cramer cette population-là ? Moi je rêve d’emmener notre meilleure équipe en Nouvelle-Zélande. Mais ça voudrait dire que les clubs seraient prêts à ne pas revoir leurs meilleurs joueurs en septembre, ni en octobre. C’est très dur pour les clubs, qui les payent. »
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Source Rugbyrama
