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Pro D2 – Gabin Rocher (Nevers) : « Dans le vestiaire, j’ai l’image du mec qui s’intéresse à la politique »

Prêté pour la saison à Nevers par Montpellier, Gabin Rocher est épanoui en Pro D2, où sa vitesse et ses crochets font rage. Intéressant sur les pelouses, le joueur de 20 ans l’est tout autant en dehors quand on le laisse parler. Passionné de géopolitique, curieux du monde qui l’entoure, il rêve de devenir grand reporter une fois les crampons remisés.

Préférez-vous répondre ou poser les questions ?

Étant joueur, en ce moment, je réponds plus aux questions que ce que j’en pose, mais je vais répondre les deux ! Cela fait seulement trois ans que j’étudie le journalisme, je n’ai pas encore pu beaucoup pratiquer…

Dans quelle branche du journalisme souhaitez-vous vous diriger ?

Forcément, être journaliste sportif, cela me plairait. Mais mon idéal serait de devenir grand reporter. J’adorerais partir faire des reportages dans le monde entier pour rencontrer des civilisations du bout du monde, la faune et la flore locale… Je m’intéresse beaucoup aux voyages, j’aime partir dans des endroits un peu sauvages, donc ça me correspondrait, je pense. Quand j’ai décidé de faire du journalisme, j’étais assez intéressé par le reportage de guerre. L’armée était quelque chose qui me plaisait plus globalement. Avec le rugby et en grandissant un petit peu, je me suis dit que c’était mieux d’être un peu plus sage.

Comment vous est venue cette volonté de devenir journaliste ?

Je m’intéresse un peu à tout, je veux savoir, comprendre. Mon intérêt pour le journalisme vient de là. J’adore comprendre l’univers géopolitique comme ce qu’il se passe avec les États-Unis en ce moment, les enjeux du Moyen-Orient, de la France… J’aime bien pouvoir comprendre au moins le minimum dans les discussions car j’aime me faire mes propres idées sur les choses. Je ne veux ne pas être celui qui écoute bêtement ce que les instances disent. Cette appétence pour la politique et la géopolitique m’est venue au fil du temps, avec les études.

Radio, télévision ou presse écrite, qu’est-ce qui vous tente le plus ?

J’aimerais travailler en radio. J’en ai fait comme journaliste avec l’école mais aussi comme interviewé dans une émission, quand je jouais au MHR. J’adorerais avoir un podcast. J’en suis un grand consommateur ! J’en écoute sur des sujets très variés quand j’ai du temps, comme lors des trajets en voiture. J’apprécie ce concept de discussion posée autour d’une table. Au-delà de ça, je consomme l’actualité un peu partout. Le soir, je regarde le JT de TF1. Je lis des articles que je vois passer sur les réseaux sociaux – même s’il faut faire attention à la fiabilité des infos – et je regarde des vidéos et des reportages sur Youtube. Je suis également abonné au Monde depuis que j’ai commencé mes études de journalisme. Je lis les articles et le journal sur mon téléphone.

Si vous deviez interviewer un sportif demain, qui choisiriez-vous ?

Cela serait Cheslin Kolbe, mon idole rugbystique, ou Siya Kolisi. J’aime beaucoup les personnages sud-africains. Je pense que ce sont des personnes très intéressantes à interviewer de par leur vie et leur parcours parfois depuis les bidonvilles, comme Kolisi.

Quel est votre cursus scolaire ?

Je n’étais pas prédestiné au journalisme. Au lycée, j’ai obtenu un Bac S avec options maths, physique et sciences de l’ingénieur. Je voulais devenir designer automobile. Mais à un moment, je me suis rendu compte que je n’allais pas être épanoui en faisant des maths et de la physique toutes mes études… En discutant avec mes parents, étant curieux de tout, je me suis dit que le journalisme pouvait me correspondre. J’ai commencé par deux ans d’études de journalisme à Montpellier, à l’ESJ Pro, quand j’évoluais au MHR. J’étais aussi à la fac en parallèle. En allant à Nevers, j’ai intégré une licence d’information-communication à l’université Panthéon-Assas qui est focalisée sur les médias, leur économie… J’ai réussi à l’étaler sur deux ans. Au début, je voulais faire le cursus normalement. Mais après une semaine à conjuguer entraînements et cours, j’ai demandé cet aménagement…

En tant que joueur de rugby, vous êtes confronté aux conférences de presse. Comment voyez-vous cet exercice en tant que futur journaliste ?

Je le prends plutôt du bon côté. Cela ne va pas me faire râler de le faire car je trouve ça assez important. Et puis, c’est quand même bête si moi, étudiant en journalisme, tout ce qui est conf’ de presse ou interview, ça ne m’intéresse pas… J’aime bien être capable de parler, à être fluide, et ne pas avoir peur de la caméra ou des gens qui sont en face de moi. Cet exercice me permet aussi de mûrir sur pas mal de choses et de savoir répondre en public – peu importe l’interlocuteur qui est en face – afin de ne pas passer pour un jeune perdu. Même si j’ai 20 ans, j’aime bien avoir des discours matures avec les gens.

Est-ce que vos coéquipiers vous questionnent sur la manière d’aborder les journalistes ?

Je me fais souvent un peu vanner sur ça. Quand je dis à mes coéquipiers que je vais réviser mes cours, ils m’en demandent un peu la consistance. Du coup je leur explique. Dans le rugby, je n’ai jamais croisé quelqu’un qui était intéressé pour faire la même chose que moi. Dans le vestiaire, j’ai l’image du mec qui fait des études de journalisme, qui s’intéresse à la politique. Souvent, on me taquine un peu là-dessus, mais ça reste bon enfant.

Des joueurs préfèrent se couper de la presse pour ne pas lire d’éventuelles critiques sur eux et sur l’équipe. Quelle est votre approche sur les papiers concernant Nevers ?

Je lis de tout ! Le Journal du Centre écrit beaucoup sur l’Uson car il y a beaucoup d’intérêt autour du club dans la Nièvre. Ce qui est marrant, c’est qu’en étant dans le club, j’ai un point de vue à la fois comme joueur et comme lecteur. Parfois, je me dis que les médias ne sont pas assez informés quand ils parlent de certaines choses. Ou, inversement, je peux me demander comment ils ont certaines informations car, moi-même, je les découvre via la presse. C’est troublant, mais j’aime jongler entre les deux car, même si je ne suis pas dans un média, j’ai un œil différent comparé à certains coéquipiers qui ne connaissent pas le journalisme. D’ailleurs, j’ai remarqué que si des joueurs se méfient des médias, c’est parce qu’ils n’arrivent pas à cerner et à comprendre le métier de journaliste…

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Source Rugbyrama

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