
Après avoir vu s’envoler à Colomiers son frêle espoir de phase finale, Nevers se reconcentre sur l’objectif prioritaire de la saison : se rapprocher du maintien en dominant une équipe de Soyaux-Angoulême redoutable à l’extérieur et vainqueur au Pré-Fleuri il y a un an.
Convertie de force à la rude réalité de la course au maintien, après une phase aller aux aspérités de chemin de croix, l’Uson gardait néanmoins dans un coin de sa tête l’espoir d’accrocher une place en barrages. Une pensée « feel good » que les bons résultats engrangés sur la phase retour rendaient crédible : « On a réussi à revenir des vacances de Noël avec de nouveaux objectifs, et à passer outre cette première phase un peu compliquée. La qualification, on en parlait entre nous et pas forcément à l’extérieur, parce que le plus important, c’est de se maintenir et de sauver le club. Mais on avait toujours l’espoir de viser plus haut », confie le demi de mêlée Simon Tarel.
Vendredi dernier, la défaite à Colomiers (51-34) a désintégré le rêve. Dans les flammes de huit essais encaissés que n’adoucissent pas les cinq essais marqués : « C’est un match à l’image de notre saison, et surtout de nos matchs à l’extérieur. Offensivement, on a fait pas mal de jeu, on a mis en place le plan préparé pendant la semaine. Mais il aurait fallu qu’on soit aussi bon défensivement. On leur a donné beaucoup de points, alors qu’ils n’en avaient pas besoin. On commet surtout des erreurs bêtes, des montées collectives qui ne sont pas faites, des manques de timing, et on se punit tout seul. »
Le deuil des phases finales a été expédié à chaud, dans le vestiaire du stade Michel-Bendichou, avant de remonter dans la Nièvre : « On savait qu’il fallait « switcher » tout de suite, passer à autre chose et se reconcentrer sur le maintien du club », souffle Simon Tarel. La double réception de Soyaux-Angoulême puis de Biarritz, vendredi prochain, simplifie les calculs : deux victoires, et Nevers a 99 % de chances d’entamer l’été prochain sa neuvième saison en Pro D2 ; une défaite, ou pire deux, et le maintien passera par un exploit à Valence-Romans, un match de la peur face à Aurillac au Pré-Fleuri, et un ultime déplacement façon « Suicide Squad » chez les croque-mitaines grenoblois.
Une lourde pression
Ce soir, face aux hommes d’Alexandre Ruiz, la pression sera lourde sur les épaules neversoises. Les Charentais sont non seulement la meilleure équipe du championnat à l’extérieur (six victoires en douze matchs), mais ils retrouvent un stade qu’ils avaient quitté en vainqueurs (16-15), le 26 avril 2024. « On va affronter une très bonne équipe, qui est joueuse et qui ne lâche rien », pointe le blond demi de mêlée de 22 ans arrivé de Provence Rugby l’été dernier. « Ils seront d’autant plus motivés qu’ils peuvent espérer jouer un barrage à domicile. »
Venu dans la Nièvre chercher du temps de jeu, Simon Tarel a été exaucé, avec déjà 24 matchs sur 25, dont neuf titularisations, et six essais marqués : « Je restais sur une saison compliquée à Aix, où j’avais peu joué. Cette année, j’ai enchaîné les matchs, j’ai engrangé de la confiance, pas mal de maturité, d’expérience. C’est vrai que quand on vient à Nevers, c’est pour jouer les phases finales, mais c’est une saison enrichissante, qui me servira pour plus tard. » À condition de bien la conclure.
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Source Rugbyrama
