Le RCT a empoché sa deuxième victoire à l’extérieur de la saison dans la cathédrale catalane grâce à une maîtrise précieuse, signe d’une progression collective indéniable.
« Contre Bayonne, on s’était retrouvé dans le jeu. Cette fois, c’était plus sur le caractère. » Si Enzo Hervé et ses partenaires ne se sont pas franchement régalés sur la pelouse d’Aimé-Giral, ils n’en affichaient pas moins un large sourire au coup de sifflet final. Une satisfaction des plus légitimes au regard de la valeur de la victoire du jour, sur une pelouse jusqu’alors restée inviolée.
Ce deuxième succès à l’extérieur de la saison, après celui arraché au terme d’une partie encore bien moins enlevée à Paris, place les Toulonnais au pied du podium et au niveau de leurs attentes : « Ce n’est pas anodin, relevait l’ouvreur. Notre objectif est clair depuis la saison : on veut se qualifier. Pour y parvenir, il faut aller gagner à l’extérieur. Ça commence par là. » Élémentaire. Comme le plan des Varois dont la maîtrise, sur la durée de la partie, laisse entrevoir une progression collective, en termes de vécu, de cohésion. L’entame de rencontre des visiteurs, conquérante et réaliste à défaut d’être flamboyante, résume à elle seule leur mainmise sur les débats avec un drop-goal bien senti d’Enzo Hervé : « Sur un match à l’extérieur, commencer en prenant trois points était une bonne chose, analyse Maxime Petitjean. Les gars avaient du mal à se replacer, à avoir des ballons dynamiques. Notre philosophie, c’est d’essayer de marquer les essais mais il vaut mieux repartir avec trois points qu’avec une pénalité contre nous ou un ballon perdu. »
« On a eu confiance en nous »
À défaut de fulgurances, les choses simples peuvent être les plus efficaces : avec les charges auprès des Ollivon, Ribbans et autre Baubigny, des mauls destructeurs et un jeu d’occupation supérieur à celui de l’adversaire, le RCT a manœuvré à sa guise. L’essai de Joaquin Oviedo, qui aurait pu sonner la révolte catalane, n’aura été qu’une réaction épidermique. Ceci en raison du manque d’inspiration des locaux autant qu’à la rigueur de leurs adversaires du soir : « On a été sûrs de nous pendant tout le match, même quand on a pris l’essai, reprend Enzo Hervé. Il n’y a qu’un mec qui a parlé, on a resserré un peu tout le monde. On savait qu’à un moment donné, ils allaient aussi franchir la ligne. C’était important pour nous de rester mobilisés. C’est vrai que j’ai trouvé qu’on a vraiment eu confiance en nous. »
Gagner moche, comme à Paris, ou vaincre sans briller, à l’image du match de samedi soir, sont deux caractéristiques notables des grandes équipes. Avant de placer le RCT dans cette catégorie, il reste un gouffre de constance que les troupes de Pierre Mignoni doivent franchir. Leur volonté de grandir passera désormais au révélateur sud-africain, au bout d’un voyage au long cours qui les mènera à Port Elizabeth pour affronter les Stormers. La reconquête toulonnaise passe par tous les terrains.
