La dernière venue du Stade toulousain à Créteil a hystérisé la ville et ses environs immédiats. Le phénomène pourra-t-il néanmoins se reproduire ?
Je fais partie des rares gus à avoir vu les trois premiers matchs qu’a joués le Racing à Créteil, depuis le début de saison. J’étais donc là, la première fois, soit le jour où les Racingmen accueillirent Clermont dans l’indifférence générale. Puis la seconde, pour le retour de ce déconneur de Ronan O’Gara en Île-de-France. Et même la troisième, au jour où Ciel et Blanc et Varois produisirent en ces lieux l’une des pires rencontres de l’histoire de la poule unique.
Je ne vais pas vous mentir : l’ambiance au stade Duvauchelle n’avait jusque-là jamais été renversante, à tel point que la toute première fois, début septembre, personne au club n’osa d’ailleurs nous dire combien de spectateurs étaient dispersés en tribunes, pour voir Jaunards et Franciliens en découdre. On avait alors écrit 4000, de mémoire…
« J’ai quadruplé mon chiffre d’affaires! »
Et puis ? Tout ou presque a changé, au sud de Paris, un après-midi d’automne. Tout a basculé, en fait, lorsque le champion de France toulousain et sa légion d’internationaux tricolores se sont pointés dans l’enceinte habituellement dévolue aux Lusitanos de Créteil. Et samedi, le stade Duvauchelle, bourré de Toulousains ou assimilés, a fait du bruit. Au centre de Créteil, des centaines de supporters ont même gentiment secoué cette grande ville (90 000 habitants) à laquelle on colle si souvent le qualificatif de « dortoir ». Dans un restaurant de l’avenue François Mitterrand, la patronne avait par exemple du mal à cacher son bonheur : « On ne s’attendait pas du tout à ça. Par rapport à un samedi ordinaire, on a quasiment quadruplé le chiffre d’affaires ! »
Ce week-end, pour recevoir l’équipe la plus bankable du vieux continent, Créteil s’était donc mis en quatre. Et si l’on ne jurera pas que l’ambiance sera similaire samedi prochain pour le coup d’envoi d’une phase préliminaire de Champions Cup qui ne passionne généralement personne, ce fut plus que plaisant…
