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Covid-19 : « Que les règles du Top 14 soient les mêmes pour tout le monde », peste Ugo Mola, le manager du Stade Toulousain

l’essentiel
À deux jours du déplacement à Clermont lors de la 14e journée du Top 14, et alors que le Stade Toulousain, dont les deux derniers matchs ont été reportés à cause du Covid-19, n’a plus joué depuis son déplacement à Cardiff le 11 décembre, son manager Ugo Mola est apparu ce jeudi 30 décembre très agacé face aux tergiversations de ces dernières semaines.

Le Stade Toulousain vient de voir ses deux derniers matchs reportés. Quel regard portez-vous sur la situation actuelle ?

Nous sommes de nouveau, si tant est que nous l’ayons quittée, dans une période incertaine à plus d’un plan, le plus important restant l’aspect sanitaire et la santé des uns et des autres. Et après, il y a bien évidemment nos considérations sportives et performances qui sont impactées au même titre que les autres acteurs du Top 14 et de la Pro D2 dans quelques jours. Il y a un retour en arrière avec un protocole qui à mon grand regret arrive une quinzaine de jours trop tard. Rien ne nous empêchait d’en avoir un applicable avant de reporter à la petite semaine certains matchs selon les desiderata de certains clubs, de certains présidents ou les interprétations des décisions sanitaires gouvernementales.

On vous sent remonté…

Nous subissons les choses et regrettons juste de ne pas avoir pu réunir l’équivalent de 53000 personnes sur deux rencontres à guichets fermés. Surtout, sportivement, cela nous prive de deux matchs qui dans notre processus étaient aussi importants. Nous faisons avec. Certains diront que nous avons tendance à pleurnicher ou faire état de nos problèmes. Nous allons nous concentrer sur l’aspect sportif et essayer de faire au mieux dans les semaines qui arrivent pour essayer de continuer à être performants ou en tout cas de viser les premières places du classement malgré ces embûches-là.

Pensez-vous avoir perdu le rythme de la compétition ou les joueurs ont-ils profité de cette pause pour se régénérer ?

Je suis en incapacité de vous répondre. Pour certains qui avaient beaucoup été exposés, nous pouvons considérer que c’est du temps de repos pas totalement incongru au regard des échéances qui sont les leurs. Nos internationaux ont été exposés chez nous, ont beaucoup joué pendant la tournée de novembre, donc leur ménager un peu de temps de repos avant le Tournoi n’est pas un mal. Mais pour d’autres… Ma préoccupation reste quand même notre capacité à délivrer des performances qui sont en phase avec l’effectif qui est le nôtre, les qualités qui sont les nôtres, et l’ambition qui est la nôtre. Ça, pour le moment, cela a pris un peu de retard et du coup, nous allons voir dans quel état nous nous présentons à Clermont et dans quel état d’esprit nous serons. Il est franchement remarquable ici. J’ai la chance de bosser avec des joueurs et un staff dont l’énergie n’a pas baissé mais il y a beaucoup d’incertitude autour de la qualité collective de notre équipe. Comme vous, j’ai regardé le peu de rencontres qui se sont jouées (trois lors du Boxing Day, NDLR). Bon… C’était ça ou du padel mais je suis amateur de rugby on va dire (sourire).

Quelles sont les conséquences sur la planification de vos semaines ?

Nous avons essayé de compenser sur l’aspect physique et physiologique. C’est le plus facile puisque nous avons des mesures, de la Data. Nous avons la chance de monitorer l’ensemble de notre effectif et nous connaissons suffisamment les choses dans lesquelles nous voulons amener notre groupe pour essayer de compenser. Mais tu ne remplaces jamais l’intensité d’un match pour la qualité de tes repères collectifs et sur l’intensité que cela met sur le plan physiologique avec les chocs, la capacité aussi à s’éprouver face à un adversaire que tu connais moins et que tu n’arrives malheureusement pas à reproduire en te connaissant à la perfection en interne. Ce sont des éléments qui nous échappent un petit peu plus. Après, mon seul regret est sur l’absence de protocoles dits d’urgence mais qui ne le sont pas.

C’est-à-dire?

Nous ne sommes pas sortis, où alors personne ne m’a prévenu, de cette pandémie et nous avons fonctionné comme si de rien n’était depuis quelque temps. Du monde dans les stades, plus de protocole concernant les joueurs de rugby professionnels. Il s’avère que notre groupe et notre effectif au sens large, staff compris, est à jour des trois doses ou deux doses pour certains qui ont contracté le Covid. Je suis tellement déçu pour nous, pour nos supporters, nos partenaires de voir deux matchs être annulés le matin ou la veille pour celui de Coupe d’Europe que nous avions identifié comme une belle rencontre à jouer. Je trouve juste que nous n’apprenons pas trop de notre passé. Nous allons essayer de notre côté d’être un peu moins cons que la moyenne, de nous focaliser sur ce que nous maîtrisons, à savoir nos protocoles en interne. Nous essayons d’anticiper les choses, d’isoler si malheureusement il y a des cas pour être en mesure de jouer. Je ne vous dis pas avec l’équipe la plus compétitive possible mais au moins d’être en mesure de jouer. Et encore une fois, sans jeter l’opprobre sur qui que ce soit, sans avoir la paranoïa qui reprend le dessus sur « qui choisit de ».

Tout ceci aurait donc pu être évité selon vous ?

Ce qui est sûr, c’est qu’un peu d’anticipation des protocoles aurait peut-être pu nous ménager deux rencontres importantes. Et encore une fois, j’y reviens, pour se protéger de ce fameux Boxing Day, certains n’ont pas voulu jouer la Coupe d’Europe, clairement. Une semaine après, ils n’ont pas pu jouer en championnat… Quand ces matchs seront-ils reportés ? Très certainement dans la période du Tournoi où vous savez bien que ce n’est pas là que nous sommes le moins impactés. J’ai un président qui est très actif, Jérôme (Cazalbou, le manager en charge du haut niveau, NDLR) l’est dans la commission sportive de la Ligue pour essayer de trouver des solutions et être le plus équitable possible au bout du bout. Très certainement, sans avoir connu beaucoup de reports, que nous avons bénéficié l’an dernier d’états de forme de clubs qui ont joué « covidés » ou moins. Pour le moment, le fait d’avoir eu deux matchs reportés est un peu problématique mais j’espère que nous serons en mesure de jouer. Mais quand vous parlez de jouer en semaine, vous avez les syndicats qui se lèvent et vous disent que c’est impossible de jouer trois matchs en 15 jours. Je pense que ça aussi, c’est une énorme connerie. Il y a juste à savoir comment on joue, avec quel effectif, combien de matchs vont jouer les joueurs. Nous érigeons des règles très dogmatiques et très moralisatrices pour à la sortie ne pas les appliquer le jour où nous en avons vraiment besoin. Je ne vous cache pas que je les regarde faire et il me tarde que nous ayons un protocole clair. Cela semblerait être à peu près le cas même si nous avons quelques doutes car il y a des règlements fédéraux et jusqu’à preuve du contraire, notre sport est régi par la Fédération donc il faudra faire attention aux prochains jours (dans les règlements de la FFR, il faut 19 joueurs dont 5 de première ligne pour jouer un match, NDLR).

Justement, dans son nouveau protocole, la LNR vient de dire qu’un match pourrait se jouer à condition d’avoir 23 joueurs dont 15 professionnels et 6 première ligne sur la feuille de match. Quel est votre avis ?

Les première ligne sont une réalité nécessaire à notre exercice dans le sens où nous ne voulons pas mettre en danger des joueurs qui ne seraient pas susceptibles d’être formés à ce poste-là. C’est pour moi une évidence. Après, pourquoi 15 professionnels ? Pourquoi pas 18, 12 ? Nous avons tous des effectifs centre de formation et professionnels. Après, forcément, quand vous dites ça, revient de suite le niveau de performance de votre équipe. Moi, ce qui me gène, ce sont les petits calculs. Ce n’est pas d’avoir des règles et de les respecter. C’est juste de se dire : « Il y a une Coupe d’Europe, on peut la jouer ou pas ? Si tout le monde la joue, OK. Si c’est reporté, ça l’est pour tout le monde. S’il y a match perdu, dans quelles circonstances ? En championnat, c’est pareil. J’ai juste besoin de rentrer dans une compétition où les règles sont clairement établies et équitables. Après, au meilleur le pompon. Je fais partie d’une équipe qui a gagné dans des conditions sanitaires compliquées donc je ne vais pas crier au scandale si ça en est un autre cette année. La seule chose, c’est que je veux que les règles soient les mêmes pour tout le monde. Mais quand je vois qu’il y a des matchs qui ont été reportés en Coupe d’Europe et d’autres donnés gagnés alors que les deux équipes étaient « covidées », je pose juste la question. Les règles m’ont un petit peu échappé ces derniers temps. Sans donner de leçons à qui que ce soit, j’attends en étant vigilant sur ce qui va se passer sur les prochains jours et prochaines semaines.

Ne pensez-vous pas qu’il aurait été plus judicieux d’avoir des jauges proportionnelles plutôt qu’une limitation à 5000 spectateurs ?

Cela paraît être de bon sens. Quand nous entendons même que pour être en phase avec le droit républicain ou par confession religieuse, certains lieux sont plus propices à recevoir du monde qu’un stade, qu’un théâtre ou une salle de concert, nous avons du mal à comprendre. Quand je vois l’Arena, notre seul stade couvert en France, qui peut accueillir 33000 personnes, mettre une jauge à 2000, cela paraît complètement incohérent. Nous mettre à 5000 personnes dans quelque temps au Stadium, cela paraît aussi incohérent. L’urgence sanitaire prend souvent le dessus et je me garderai de porter un avis sur le sujet. Mais je suis quand même assez effaré car nous avons l’impression que nous redécouvrons un virus. Bien sûr c’est un nouveau, un variant mais nous sortons juste d’un an et demi de protocoles, de restrictions. Est-ce que nous n’avons pas appris deux, trois trucs ? C’est juste la question que je me pose.

Dans cette affaire, le Stade Toulousain est pour l’instant l’un des clubs les plus pénalisés…

Nous nous sommes des bons élèves mais pour autant, je n’ai pas l’impression que nous soyons forcément dans le bon wagon. Je ne suis pas là pour parler de chiffres mais vous imaginez le préjudice qu’a subi le club ? Quand cela fait trois, quatre ans qu’il est en ordre de marche pour remettre à plat à la fois sa com’, son économie réelle, la qualité de ses effectifs, la qualité de son recrutement, tout mis bout à bout, vous vous dites que c’est quand même con qu’en 10 jours, tout soit mis en l’air par deux matchs reportés pour des raisons pas équitables. Si tout le monde avait été dans la même situation, comme quand le Covid nous est tombé sur le coin du nez […] Aujourd’hui, vous avez un peu l’impression d’être les cons de l’histoire. C’est gênant mais je ne vais pas prendre la place de mon président. Il ne m’emmerde pas sur les compos d’équipe donc je ne vais pas parler d’économie à sa place.

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