Les Palois ont inhalé un énorme bol d’oxygène. Ils ont mis fin à leur série de défaites avec un succès mérité contre Lyon (29-15). Ce ne fut pas un triomphe, mais un labeur ardu qui a fini par porter ses fruits, via un plan de jeu bien serré, animé par Thibault Daubagna, éternel cornac, dont le sourire faisait plaisir à voir.
Les Palois ne cachaient pas leur soulagement. Ils ont battu Lyon en souffrant mais en creusant un écart significatif dans les neuf dernières minutes (29-15, mais deux essais de chaque côté). Ils l’ont fait avec un plan de jeu bien précis. Ils voulaient enchaîner au ras par leurs avants surtout près des lignes. Ils ne voulaient pas prendre le risque de faire des passes devant la défense adverse, ni même dans la défense d’ailleurs. Les offloads complexes ou les combinaisons savantes ne devaient être utilisées qu’avec extrême parcimonie.
L’expérimenté demi de mêlée Thibault Daubagna avait évidemment une responsabilité énorme dans l’exécution de ce plan. On l’a senti concentré sur son canevas, et son visage apaisé en disait long sur le soulagement qui régnait dans le vestiaire palois. : « Le contrat est rempli ce soir, il fallait faire des choses simples, basiques, prendre des points comme il fallait les prendre. Tout n’était pas parfait, mais on a vu des hommes qui se battaient ensemble ce soir, qui étaient solidaires et qui avaient la même conviction, c’est de gagner ce match. On avait le devoir aussi de se racheter. Je crois qu‘on a vu des gars déterminés, qui gagnaient des duels. On s’est retrouvés en position très favorable rapidement dans le match. On a eu ces petites scories qui ont fait qu’on n’a pas marqué plus, mais ça n’avait rien à voir avec ce qu’on a pu voir la semaine dernière à Montpellier par exemple. » Les Palois ont marqué deux essais presque identiques, par Jimi Maximin et Guram Papidze sur des ramassages en force près de la ligne adverse avec le demi de mêlée à la baguette. « C’est très positif et franchement, je félicite les avants pour leur match ce soir. Le travail dans l’axe ? Oui, on savait qu’il fallait qu’on progresse sur ce point-là, que ce soit sur les ballons portés, ou à partir des zones de rucks. Mais nous avons gagné nos duels aussi. Car ce soir les joueurs avaient faim. » On a senti le demi de mêlée satisfait d’avoir tenté un maximum de pénalités au lieu d’aller en touche comme ce fut trop souvent le cas face au Racing, lors de la dernière sortie au Hameau, sanctionnée d’un revers. « Oui, il a fallu prendre des bonnes décisions. Mais encore une fois, quand tu es dans le combat, et que ça marche, il y a tout et nous, derrière, on peut gérer plus facilement. Mais ce soir, il faut comprendre que nous avons produit 80 minutes de grosse intensité. »
L’essai de Papidze marque la délivrance
Le début du soulagement palois, s’est formé au moment de l’essai de Guram Papidze, pilier géorgien entré en cours de match. Thibault était à la baguette pour faire charger ses avants en rythme, mètre par mètre pour faire effriter la digue lyonnaise. M. Blasco-Baqué l’a d’abord refusé avant de se raviser. « Mais ce n’était pas essai de pénalité, c’était un essai issu d’une séquence aboutie, d’un départ de touche, il me semble, avec un bon lancement, suivi d’un enchaînement des avants un petit peu autour de moi, un enchaînement de pick and go. On a réussi à les mettre à mal, autour notamment et c’est Papi qui ramasse le ballon. Il y a eu un petit doute, parce qu’effectivement, il y a eu une perte de contrôle, mais en fait, le ballon est tapé vers l’arrière. » On jouait la 71e, Joe Simmonds assura la transformation et Pau se retrouva à 26-15, le fossé semblait trop gros pour les Lyonnais. Il y aura trois points de plus assurés par Joe Simmonds et Thibault Daubagna finit les 80 minutes avec une sensation délicieuse : « Oui, j’ai eu la sensation qu’on a maîtrisé ce match, ce ne fut pas le cas de tous nos rendez-vous, il y eut beaucoup de parties où on a eu des très hauts et des très bas, ce qui fait qu’on laissait revenir les adversaires notamment en début de deuxième mi-temps. Et j’ai la sensation que ce soir, il y a eu une maîtrise collective, des bras de fer qu’on a gagnés. Il y a eu des séquences longues qu’on a gagnées. Il y a tous ces marqueurs qui font que, malgré quelques échecs près de leurs lignes, on n’a pas abdiqué. » Quand on lui a demandé quel était selon lui le moment le plus fort dans ce match de la peur, comme Sacha Zegueur avant lui, il nous a cité une énorme action qui s’est déroulée autour de la 50e, une séquence interminable que nous avons chronométrée à environ 3 minutes 50 avec des turn overs de tous les côtés, la sensation que les Lyonnais allaient percer, la défense paloise qui se refermait pour activer des relances et puis, enfin, les Lyonnais ont craqué les premiers via un en-avant provoqué par un plaquage rageur. Pau ne pouvait plus perdre.
