Présent en conférence de presse d’après-match comme très souvent après une défaite, le manager de La Rochelle Ronan O’Gara n’a pas mâché ses mots après la défaite à domicile contre Vannes (14-13) ce samedi en Top 14.
Que ressentez-vous, à chaud ?
Pour le moment, je n’ai pas besoin de chercher trop profond parce qu’en direct, c’était facile de voir qui allait gagner le match. La meilleure équipe a gagné. Félicitations à Vannes. Une équipe avec beaucoup de volonté, d’appétit, d’envie, d’agressivité et un bon plan de jeu. Ils étaient meilleurs que nous. Quand c’est comme ça, je dois les féliciter. On a pris une leçon ce soir. Le rugby, c’est l’engagement, l’appétit et la volonté. Ce sont trois valeurs hyper importantes et on a manqué des trois ce soir. Ce soir, hein, pas en général. La seule chose positive ce soir, c’est qu’il y a un match vendredi soir (déplacement à Bath, pour l’ouverture de la Champions Cup, NDLR)
C’est l’immense exploit de la 11e journée ! Les Vannetais sont allés chercher une incroyable victoire – leur première à l’extérieur cette saison –, face à des Rochelais beaucoup trop attentistes et sans solution (14-23). Le compte rendu > https://t.co/LTrC1JI8nx pic.twitter.com/t18XFwzC30— RUGBYRAMA (@RugbyramaFR) November 30, 2024
Vous avez déjà connu des claques à domicile (contre Pau, Bordeaux-Bègles, Lyon ou encor Castres), ces dernières saisons. Le vivez-vous comme une nouvelle, après seize réceptions victorieuses de rang en Top 14 ?
La chose qui me déçoit le plus, c’est le contenu. C’est quoi ça ! ? C’est un total manque de précision. On n’a rien montré devant nos fidèles supporters. C’était un match à la maison pour préparer la Coupe d’Europe. On s’est raté dans tous les domaines. Mais le principal architecte, c’est moi. C’est une grande claque, oui.
Aviez-vous perçu des signes annonciateurs ?
Non ! Non ! Regardez l’équipe, regardez l’expérience. Wardi, Atonio, Douglas, Skelton, Botia, Haddad, Jegou, West, Iribaren… Quand tu penses que les choses vont bien après une bonne deuxième mi-temps à Castres… Dans ma culture, la motivation vient de toi-même. Mais dans le championnat, ici, avec certains, je pense que je dois gueuler plus pendant la semaine. Vous imaginez ? Je dois gueuler plus dans la semaine, Ronan O’Gara doit gueuler plus dans la semaine !
Qu’avez-vous dit à vos joueurs à la pause ?
C’est Brice (Dulin) qui a parlé. On était à deux à l’heure, on n’a pas ajouté de vitesse, on n’a pas attaqué avec menace… Regardez comment Vannes a plaqué et attaqué les rucks. Leur charnière a bien contrôlé le match avec un bon jeu au pied, mais on n’a pas concrétisé notre point fort. C’est impossible avec un arbitre comme ça d’avoir du rythme dans le match. On a passé 25 minutes pour préparer des mêlées, c’est infernal. On aurait aimé avoir un jeu pour préparer l’Europe avec un peu de rythme. Ce soir, on a fait quoi ? J’ai l’impression que le match a duré trois heures.
Votre équipe a-t-elle manqué de respect envers Vannes ?
Non. Je ne suis pas dans les crampons de mes joueurs, mais je ne pense pas. Parce qu’on a manqué de précision, d’engagement et d’agressivité. Mais de respect, non. Même à 7-0, on n’a pas concrétisé notre point fort. Je n’ai pas vu souvent nos performances en mêlées comme ça… En touche, en « kicking game » non plus. Vannes a dominé. C’est un super résultat pour le sport, mais c’est un résultat catastrophique pour moi. Si tu mets un engagement comme ça, tu le mérites. Les Vannetais ont appris de la semaine dernière : si tu continues de frapper sur la porte, elle va s’ouvrir. Vannes a fait ça, et bravo à eux. Mais par contre, nous, on a touché le fond ! Quand tu fais ça, tu ne peux pas le retoucher.
Ce n’est pas la première fois que cela arrive avant un match de Champions Cup. Vos joueurs avaient-ils déjà la tête à Bath ?
Je l’espère. Mais c’est encore une excuse… Il y a un moment où on a besoin de prendre nos responsabilités, aussi. Chacun doit, et moi aussi, améliorer les choses qu’il contrôle. Ça n’arrive pas à Toulouse.
Que faut-il changer pour le déplacement à Bath ?
Tout ! Mais ce n’est pas drôle. On transfère quoi du centre d’entraînement en match, on donne quoi à regarder aux supporters ? Zéro. C’est grave. C’est grave. Sans engagement, agressivité et volonté… Je pensais qu’on en avait fini avec des choses comme ça. Je pensais qu’on était en train de lancer notre saison. On a fait l’inverse.
