Christophe Urios est apparu en conférence de presse. L’occasion pour lui d’évoquer ses liens encore forts avec Castres et le CO.
Christophe, parlez-nous de ce club de Castres qui adore jouer les trouble-fêtes dans ce championnat…
Vous avez raison. C’est une équipe qui se nourrit de cela, c’est culturel et viscéral chez eux. On ne compte pas sur eux, on les oublie, et ils s’en servent beaucoup, notamment pour préparer les grands matchs. C’est entretenu par les anciens joueurs, notamment Mathieu Babillot qui est un historique, et par leprésident Revol. C’est une force, ils en jouent parfaitement et ils sont fiers de cela. C’est important pour eux de montrer que tout est possible, même à l’extérieur. Ils n’ont pas encore gagné mais ils sont passés très près, et c’est paradoxal parce qu’ils ont également frôlé la correctionnelle à domicile à plusieurs reprises… Mais ils ne sont jamais faciles à jouer. Même quand Pau menait 22-0 ils auraient pu l’emporter en fin de match. C’est dans leurs gênes.
Comment avez-vous préparé ce match ?
C’est une rencontre importante. On doit confirmer tout en se rappelant que la saison dernière on avait gagné à Montpellier et perdu ensuite face à Toulon au Michelin. Cela doit nous tenir en éveil, c’est un véritable défi car ils sont des concurrents directs pour la course au top 6. Il faut qu’on soit précis, physiques, agressifs avec un jeu bien léché en attaque. Par rapport à la saison dernière, Castres est une meilleure équipe, notamment en mêlée et en touche. Ils ont réglé leurs fragilités. Dès l’entame de match il faudra mettre beaucoup de pression, mais le banc de touche sera la clé du match. Je ne serais pas surpris qu’ils alignent un banc costaud avec beaucoup de titulaires et que le match se décide à la performance du banc de touche.
Vous avez vécu une histoire particulière avec le CO. Cette rencontre a-t-elle un sentiment particulier dans votre esprit ?
Non, c’est fini maintenant, même si j’ai 25 invités à manger samedi soir. Donc c’est un peu particulier oui (rires). J’ai été joueur, champion en tant que joueur et entraîneur, c’est toujours un plaisir de jouer et de revenir à Castres, bien plus qu’à Bordeaux-Bègles. J’ai la même affection pour Oyonnax, mais elle est moins forte parce que le temps a passé, j’ai encore de très bonnes relations avec des joueurs que j’ai lancés en 2015. Je suis parti tout seul de Castres, mais j’ai un attachement fort à ce club.
Justement, est-ce un avantage d’avoir un ancien castrais, Benjamin Urdapilleta, avec vous ?
Oui surtout dans la préparation du match. Il les connaît par cœur même si l’équipe a beaucoup bougé. Les joueurs qui arrivent au CO, peu importe leur origine ou leur culture, sont marqués par cette identité castraise. Benjamin sait comment ça se passe.
Vous retrouvez également Marcos Kremer…
Oui ! Je dis souvent à mon staff que lorsque Marcos est disponible, c’est le premier nom que je coche sur la composition d’équipe. Ensuite, je construis autour de lui. Sur l’état d’esprit, il est incroyable. Il est robuste et exemplaire. C’est un élément essentiel du groupe et du projet.
Qu’est-ce qui vous a poussé à titulariser Sébastien Bézy à la place de Baptiste Jauneau pour cette rencontre ?
Je trouve que Sébastien fait de bons entraînements et de très bonnes rentrées, notamment à Lyon. J’ai tellement en mémoire cette défaite contre Toulon la saison dernière qu’il fallait faire un peu bouger les lignes et que je ne veux pas me faire piéger. Il faut amener de la fraîcheur, et une nouvelle envie. Je ne dis pas que Baptiste ne l’a pas, au contraire. D’ailleurs, je sens que tout le monde a envie de jouer. Ceux qui ne jouent pas ou sont remplaçants ont n peu de mal à le vivre, notamment ceux qui ont battu Lyon. Et cela nous permet d’avoir un banc fort.
Est-ce une nouveauté ?
Exactement, c’est la première fois que je vis ça depuis mon arrivée à Clermont. Ce sont les premiers moments où je sens qu’il y a une ambition forte de jouer dans cette équipe. Le mardi, lors des séances à haute intensité, je vois certains joueurs qui prennent leurs responsabilités, d’autres un peu moins, mais j’ai toujours validé les joueurs qui s’entraînent bien. Ce jeudi, j’ai eu sept ou huit entretiens individuels pour leur expliquer qu’ils n’étaient pas titulaires. Même s’ils ne le prennent pas mal, vous sentez une certaine déception, vraiment. Ils le comprennent, mais de façon globale, je sentais moins cette ambition l’année dernière. Aujourd’hui, nos blessés font tout pour revenir plus vite, les joueurs travaillent plus… Et je ne le ressentais pas avant.
Quelles sont les nouvelles concernant les joueurs blessés ?
Ce jeudi, Pita-Gus Sowakula s’est blessé à un ischio alors qu’il devait jouer. Thibaud Lanen sera indisponible pour trois semaines au minimum, mais on espère des retours dès la semaine prochaine de Rob Simmons, Irae Simone, Alivereti Raka, Yérim Fall et Giorgi Akhaladze.
