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Tournoi des VI Nations : l’Ecosse, presque une bête noire

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Depuis six ans, l’Ecosse a battu cinq fois la France, preuve que ce pays a surmonté son passage à vide du début du XXIe siècle.

Dans les années 2000, on aurait pu croire qu’on écrirait plus jamais ça. Et pourtant, des voix se sont fait entendre ces derniers temps pour qualifier l’Ecosse de “bête noire” de la France. C’est exact, l’Ecosse a battu la France en 2016, 2018 et 2020 dans le Tournoi plus une fois en 2019 en préparation de la Coupe du Monde. L’Écosse a même réussi l’impensable ou presque, s’imposer à Paris en 2021 pour la première fois depuis 22 ans. Succès arraché à la dernière minute par une action à vingt passes conclue par Duhan Van der Meerwe (ex-joueur de Montpellier). On rappelle que la France a tout de même gagné à Edimbourg en novembre 2020 lors de l’éphémère Coupe des Nations de l’automne.
Mais cette série de résultats dit quelque chose d’important. L’Écosse est redevenue un adversaire crédible sur l’échiquier international. Au début du siècle, on se disait que cette vieille nation où le rugby n’est pas un sport de masse n’était plus invitée au banquet des puissants. La France était restée invaincue contre elle entre 1997 et 2005. Idem entre 2007 et 2016.

Le bon travail de la fédération

À quoi peut-on attribuer cette renaissance ? Il y a forcément plusieurs paramètres. Il semble qu’à la base, il y a la tradition de certains collèges qui ont fait du rugby une discipline de prestige et qui ont toujours formé des joueurs de qualité. Il y a aussi ces clubs civils, parfois émanations des collèges précités (Heriot’s, Watsonians), mais aussi représentatifs de fiefs ruraux des Borders. Hawick, Selkirk, Jed Forest, Melrose, Gala… Au nom de la tradition, ces bastions continuent de révéler des talents, tels Darcy Graham ou Stuart Hogg. Et puis, il y a une fédération, la SRU qui travaille bien, avec l’argent déversé par le Tournoi. Elle maximise son potentiel en termes de formation. Elle se donne aussi les moyens de financer deux franchises professionnelles qui tirent leur épingle du jeu en Ligue Celte (Pro 14). Deux équipes d’Élite, c’est sans doute le bon étiage pour un pays comme l’Ecosse. Cela permet à ses professionnels d’évoluer dans un contexte compétitif et ambitieux. S’il y en avait trois ou quatre, le niveau serait tiré vers le bas.
Et puis, la SRU a développé un savoir-faire dans un domaine très particulier. Le repérage des talents, disons, expatriés. En clair, les joueurs formés à l’étranger d’origine écossaise (souvent anglais). Ali Price, le demi de mêlée en est un parfait exemple. Passé sous les radars du rugby anglais qui regorge de talents, il a été capté par la SRU et la franchise de Glasgow grâce à sa mère, née en Ecosse. Au nord du mur d’Hadrien, il a monté tous les échelons jusqu’à jouer les trois tests des Lions en tournée en Afrique du Sud. Autre exemple, le trois-quart aile Duhan Van der Meerwe, bien sûr, formé en Afrique du Sud, passé par Montpellier puis capté par la franchise d’Edimbourg. Il n’avait aucun lien avec l’Ecosse, mais la règle des trois ans lui a permis d’enfiler le maillot bleu nuit à partir de 2020. Personne ne s’en plaint.

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